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Chroniques - humeurs

Nouveau titre : "Black Friday ou l'incongruité publicitaire"

Mis à jour : 16 Nov 2017

Dernière mise à jour : 23 novembre 2017

Ancien titre : "Black Friday ! Sombre vendredi ! La semaine de tous les soucis ! Une semaine de ..., quoi !"

Attention, la déferlante Black Friday est arrivée ! (Photo : publicité Amazon)

Aujourd'hui, 23 novembre, c'est la fête populaire américaine du Thanksgiving, célébration de l'arrivée sur le sol américain des pèlerins du Mayflower. Le lendemain du Thanksgiving, c'est la ruée dans les magasins, le début des soldes avant Noël aux États-Unis. C'est la journée que l'on appelle aux États-Unis depuis une trentaine d'années le Black Friday. Sur l'origine du nom donnée à cette journée, il n'y a aucune certitude, mais il y a deux hypothèses non exclusives l'une de l'autre. Pour les uns, le dernier jeudi de novembre, date du Thanksgiving, est une journée rouge pour le commerce, car une journée chômée ne rapporte rien, et le rouge en comptabilité est signe de déficit, on dit ainsi que l'on est dans le rouge. Le lendemain vendredi est la journée qui fera rattraper les pertes de la veille. C'est donc une journée noire pour un comptable. L'autre hypothèse, moins crédible, est que ce vendredi, les magasins sont noirs de monde. Symboliquement le noir n'est donc pas forcément signe de deuil, même si dans tout l'Occident, le noir est bien la couleur du deuil et que le noir est généralement associé au malheur. Le "jeudi noir" est ainsi le jour du krach boursier de Wall Street qui a marqué le déclenchement de la Grande crise de 1929, un certain 24 octobre 1929.

Alors, que des publicitaires incultes aient imaginé faire traverser l'Atlantique au Black Friday, alors que le Thanksgiving ne correspond à aucune tradition et ne rencontre aucun écho culturel en Europe (sauf pour des anglo-américanistes), défie l'entendement. Mais la confiance de ceux qui se disent communicants dans la capacité du matraquage publicitaire de s'imposer par la force et d'obtenir quand même un succès commercial est tout à fait hallucinante. Faut-il y voir l'épuisement d'une profession qui se targue de créativité. Vaguement conscient de l'incongruité et du fait que le Black Friday dure plusieurs jours, Amazon annonce des offres exceptionnelles avant la Black Friday Week, semaine qui commence donc une vendredi. Cdiscount annonce "mettez le grappin sur le Black Friday", qui doit être un personnage bien peu recommandable, ou peut-être un animal mal odorant qui n'a fait de mal à personne. La Redoute a rebaptisé le Black Friday en "Le grand week-end". Pandora a traduit par "Vendredi noir" dans un courriel promotionnel, ce qui ne manque pas de sel pour conduire sur un site qui ne fait référence ni au Black Friday ni au "Vendredi noir, mais est tout en anglais.

Pourtant d'autres ont cherché sérieusement à conserver l'idée commerciale tout en contournant l'imbécillité des inventeurs du Black Friday en Europe. Les premiers ce sont les Chinois qui ont inventé le Jour du célibataire et l'ont placé deux semaines avant le Black Friday. C'est un immense succès commercial. Les Québécois à qui l'on reconnaît la qualité de ne jamais manquer d'idées, ont renommé ledit vendredi le Vendredi fou, ce qui les dégage d'une référence à une fête qui ne signifie rien pour eux, et présente l'avantage d'être compréhensible par tous, ce qui après tout, est un des buts des messages publicitaires.

L'OEP

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