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Aisaku SUZUKI, céramiste

Mis à jour : 24 Jui 2008
eisaku1w.jpgj'ai toujours fait de l'expérience créatrice, en me mettant dans l'ambiance interculturelle... Pouvoir parler et comprendre plusieurs langues est certainement une faculté bien pratique pour communiquer, mais ce qui est plus important, c'est qu'avec cette faculté on peut accéder directement à plusieurs cultures dans lesquelles on se sert de ces langues-là comme moyen d'expression... www.keramiksuzuki.de/ (extrait du Livre d'Or "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle" en cours d'écriture dans le cadre de la journée du 23 juin à l'UNESCO)

 

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Après avoir fait mes études de langue et littérature françaises à Kyoto, je voulais faire un travail pas seulement intellectuel, mais celui qui nécessite un engagement corporel. C'est ainsi que j'ai été initié chez un céramiste à travailler avec la terre. Au départ je me suis contenté de faire des formes et des émaux classiques.

Ceci, en venant en Europe, a commencé à tout changer. En passant par Moscou je suis arrivé à Paris en mai 68. On m'a donné la possibilité de travailler pour trois mois à l'atelier de la communauté de Taizé en Bourgogne, où j'ai pu préparer mon exposition à Paris. C'était ma première exposition en Europe qui a eu lieu dans une galerie à la Place des Vosges.

Ensuite, je suis parti en mai 69 en Autriche dans la région de Salzburg pour participer au Symposium International de Céramique à Gmunden, petite ville charmante avec un lac encadré des montages. Avec une vingtaine de participants d'origines et cultures différentes nous avons travaillé dans une usine de porcelaine sanitaire pendant un mois. Bien que nous ayons travaillé chacun pour soi, nous avons eu l'occasion de donner un coup de main, de discuter et d'échanger des idées. C'est dans cette ambiance extraordinaire que j'ai réalisé une sculpture abstraite en porcelaine pour la première fois. C'était le début de mon expérience de la sculpture abstraite, tentative que j'ai toujours reprise et développée au cours des années. J'ai eu par la suite l’occasion de participer à d'autres symposiums et j'ai toujours fait de l'expérience créatrice, en me mettant dans l'ambiance interculturelle. En fait, grâce à cette expérience enrichissante, j'ai trouvé dans la sculpture abstraite ma préoccupation et mon activité principales.

Pouvoir parler et comprendre, plusieurs langues est certainement une faculté bien pratique pour communiquer, mais ce qui est plus important, c'est qu'avec cette faculté on peut accéder directement à plusieurs cultures dans lesquelles on se sert de ces langues-là comme moyen d'expression. Evidemment on peut lire la littérature allemande ou japonaise en traduction, par exemple, mais cela n'est pas la même chose si on la lit en original. Par ailleurs, si l’on connaît suffisamment de langues étrangères, cela peut bien servir à mieux connaître sa langue maternelle et sa propre culture. Voilà, je crois, l'avantage de connaître plusieurs langues. 

Personnellement j‘ai vécu dans la région bordelaise pendant dix ans et ensuite je me suis installé depuis 1979 dans le sud-ouest de l‘Allemagne. Le simple fait de connaitre trois langues étrangères l‘allemand, le français et l‘anglais ainsi que le japonais, qui est  ma langue maternelle, est enrichissant pour ma vie ainsi que pour la source d‘inspiration de mon travail. 

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