Angl. BRICS

Esp. BRICS

® développement, mondialisation

Le groupe d’Etats dit BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) fut créé en 2009 et regroupe de grands pays dits émergents : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Au sens étroit, le mot désigne les quatre pays émergents les plus importants depuis vingt ans : Brésil, Russie, Inde, Chine. Au sens large, l’ensemble des pays dits émergents : les quatre BRIC, mais aussi l’Afrique du Sud, les pays du cône Sud (Argentine, Chili…), le Mexique, les pays émergents d’Asie (Philippines, Thaïlande, Vietnam…) et du Moyen- Orient (Turquie, Iran…). Une liste actuelle des BRICs pourrait être assez proche de celle du G20. Cependant, le 9e sommet des BRICS en Chine à Xiamen en septembre 2017 ne comprendra pas des pays tels que la Corée du Sud, le Mexique et la Turquie, membres d’autres regroupements.

Le terme « émergent » s’applique sans doute à la plupart d’entre eux, mais il va de soi que quelques uns n’ont rien d’émergent : la Russie est une puissance industrielle depuis près d’un siècle, et la Chine était la première puissance mondiale avant la parenthèse de la domination occidentale et reprend aujourd’hui une position équivalente à celle qu’elle a occupée pendant des siècles. L’Inde occupait une position équivalente, son PIB par habitant étant équivalent à celui des pays occidentaux pendant les XVIIe et XVIIIe siècles. Aussi ces trois puissances ne peuvent-elles être qualifiées d’ « émergentes », pour ne rien dire de l’Iran ou de la Turquie, héritères directes ou indirectes des empires perse et ottoman.

Sur le plan économique, certains desdits BRICS sont fortement dépendants des investissements publics, comme la Chine ou la Russie, voire l’Inde jusqu’à récemment. En Chine, il s’agit d’une politique économique officielle adoptée en 1999 pour promouvoir les secteurs essentiels, de même que les investissements chinois à l’étranger. Le pays s’est ouvert par la suite à l’occasion du douzième plan quinquennal (2011-2015). En Russie, ce sont les dirigeants politiques qui incitent les entreprises à agir dans le même sens afin d’accroître le volume de leurs actifs à l’étranger. En Inde, l’économie est restée longtemps auto-centrée, avant que le gouvernement Modi n’engage prudemment le pays dans la voie d’une libéralisation relative.

Après une période de forte croissance, les BRICS subissent le contecoup des incertitudes qui planent sur les grands pays avancés et voient se réduire la croissance des investissements.En 2017,la Banque mondiale (BM) note que cette croissance est tombée de 10 % en 2010 à 3,4 % en 2015, avec une tendance plus marquée pour le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

En 2014, les BRICS ont créé la Nouvelle banque de développement (NBD). Implanté à Johannesbourg, la NBD a accordé un prêt de 1,5 milliard de dollars (1,33 milliard d’euros) aux autorités sud-africaines. De manière générale, les prêts ont pour but de réduire le déficit des investissements dans les économies émergentes et seront destinés à des projets d’infrastructures pour un montant prévu d’environ 8 milliards de dollars pour environ trente-cinq projets en 2018.

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