Chroniques - humeurs

Réflexions sur l’état présent du français parlé – Jean-Charles Vegliante


Mis à jour : 17 Déc 2019

Alors que l'on remet à l'honneur l'éloquence, on peut aussi se remettre à apprécier la langue tout court. Nous ne pensons pas au bon langage ni à la belle langue, mais à la langue tout court. C'est ce que fait avec brio, humour et humeur Jean-Charles Vegliante, dont les racines transalpines n'échappent à personne. Faut-il y voir une invitation à ce que Français et Italiens se remettent à penser à la langue et en langue.

"Longtemps je me suis presque résigné, après quelques tentatives ridiculement infructueuses pour signaler – via Internet – mon désarroi principalement auditif et néanmoins orthographique aux médias concernés, à ne plus faire attention aux injures, indifférences et négligences diverses infligées quotidiennement à la langue française (et plus généralement à ce minimum de cohérence intellectuelle indispensable au débat humain), lorsque je suis tombé sur ce gros titre, en évidence à la première fenêtre de mon navigateur : « Des stars célibataires et heureuses, cela existent » (orange.fr, 20 nov. 2019). Pas de quoi fouetter un chat (à savoir un échange oral sur le net) me direz-vous… N’empêche que mon sang de naturalisé ayant fait de bons longs efforts pour maîtriser cette langue subtile, capable de « projeter un univers mi-réel, mi-cérébral » (Michael Edwards), enfin j’espère, ressentit comme un sursaut de révolte. Non, cela ne se peuvent pas ! Passe la singerie du franglais, passent les hoquets du langage inclusif, passent les avatars du vieux simple verlan, mais ça, non ! Comme avait dit le « pauvre » Leopardi (épithète bien française), non et non, « je me battrai, moi je succomberai, seul » dans cette inégale bataille (À l’Italie, 2ème strophe). Au risque, encore une fois, de sembler un peu naïf, voire pathétique ; car, après tout, n’y a-t-il pas des sujets de s’indigner autrement plus importants ? Certes. Et surtout de nos jours (2019) ; y compris dans le domaine de la langue, je suppose. Il y a la syntaxe bien sûr, et les registres, et la rhétorique du discours (nous en reparlerons), il y a la cadence, qui vont bien au delà des questions minuscules – surtout morphologiques – dont mes oreilles sont rebattues sans répit. Il suffit d’ouvrir un journal, de mettre la radio, de « surfer » sur le net pour s’en rendre compte.

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