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Communiqués de l\'OEP

Le passe sanitaire européen, tout un symbole !


Zuletzt aktualisiert: 30 Jul 2021

Nous n'avons rien contre la vaccination ni contre l'attestation vaccinale, bien au contraire. Mais nous souhaitons faire une petite analyse sémantique d'un document, produit par une institution de la République française et qui n'a d'européen que le nom. Oui, chaque pays produit son certificat d'une manière aussi coordonnée que possible, mais ce sont des documents nationaux au même titre que le passeport ou la carte nationale d'identité.

Vous aurez noté qu'aucune référence n'est faite à la République française. Vous aurez noté également que le libellé est d'abord en anglais, ensuite en français, enfin, dans une langue qui ressemble à du français : CERTIFICAT COVID NUMERIQUE EU. Comme on se plait à le dire, la langue évolue, et chacun reconnaitra que "Certificat sanitaire numérique européen (COVID19)" eut été une formulation précieuse ou vieillote et indigne d'une France progressiste.

Par ailleurs, vous noterez que la devise nationale liberté, égalité, fraternité apparaît très normalement au-dessous du logo du ministère des solidartités sociales et de la santé, mais au-dessous, non pas de celui de la République française, qui est absent, mais au-dessous du logo de l'Union européenne avec au milieu les lettres FR, comme si le ministère était devenu un service de la Commission européenne, alors que le certificat n'est pas produit par elle.

Enfin, mais cela n'apparaît pas sur l'image, les libellés des différentes rubriques sont en français et au-dessous de chacun est porté une traduction en anglais et en anglais seulement. Le ministère de la santé aurait pu s'inspirer des cartes nationales d'identité en trois langues de la Belgique (fr, nl, de), de l'Allemagne (de, en, fr) ou de la Roumanie (ro, en, fr). Mais non, place au bilinguisme.

Contrairement à ce que certains pourraient penser, ce genre d'errement ne sert en aucune manière l'Europe mais au contraire la discrédite comme il discrédite les autorités politiques qui s'y livrent. On sème la confusion et on impose de manière subreptice comme langue commune l'anglais, qui n'est la langue maternelle que d'à peine plus de 1% de la population de l'Union européenne.

Le Président de la République dit défendre la langue française et le plurilinguisme, regrette même la présence excessive de l'anglais à Bruxelles, et nous le soutenons. Mais alors pourquoi laisser diffuser des messages explicitement en contradiction avec les objectifs affichés. Ce qui est fait d'un côté est détricoté de l'autre au gré d'une politique dans laquelle les questions linguistiques ne sont traitées à leur juste valeur ni par les ministres, ni par la haute administration, largement acquise au tout-anglais.

Enfin, dernière remarque. Selon l'article 2 de la Constitution, la langue de la République est le français. Ce document est donc, sous réserve de l'appréciation du Conseil d'Etat, inconstitutionnel.

L'OEP