Logo de l'OEP
Logo de l'OEP

Les interactions en didactique des langues et des cultures (appel à communication)


Zuletzt aktualisiert: 25 Apr 2016

L'unité de recherche Langue et formes culturelles organise son cinquième colloque international sur :
« LES INTERACTIONS EN DIDACTIQUE DES LANGUES ET DES CULTURES »
3, 4 et 5 novembre 2016
A l’Institut Supérieur des Langues de Tunis

Date limite: 15 mai 2016

Les méthodes pédagogiques traditionnelles ont cédé la place aux approches pédagogiques modernes telles que l’approche communicative, l'approche actionnelle et l'approche interactionnelle qui ont modifié en profondeur tant le rôle de l’enseignant que celui de l’apprenant. Cette évolution provient en réalité de l'influence des théories de la communication, des sciences du langage (Kerbrat-Orecchioni: 1986, 1990), de la psychologie (Vygotsky: 1933) et de la sociologie (Goffman: 1973, 1974, 1987). C'est pourquoi une science comme la didactique des langues tend à tenir compte de plus en plus de la place des représentations, des entretiens et des transcriptions de séquences de cours de langue afin de comprendre les situations de communication et la manière dont s'effectue l'apprentissage dans les interactions (Cicurel 1985). L'approche est fidèle à la théorie de Cicurel (2011: 19) selon qui la classe de langue est un lieu social particulier dans lequel « l’apprentissage s'effectue – en partie du moins ­ par l'interaction », définition qui prend ses racines dans les travaux de Vygotsky (1933) repris beaucoup plus tard par Bruner (1983). Tous deux ont signalé l'extrême importance de l'interaction dans la construction de la connaissance. L'observation actuelle des interactions en classe de langue montre par exemple que le contenu, l'objectif et le fonctionnement des échanges ne portent pas uniquement sur la langue à apprendre. La classe de langue, étant un contexte socio­institutionnel, génère à part les interactions entre les apprenants eux-­mêmes, des interactions spécifiques entre deux interlocuteurs qui n'ont, ni le même statut, ni le même rôle : expert/novice, enseignant/apprenant, natif/non natif. En poussant plus loin l'observation, nous remarquons que de telles interactions ayant pour but l'appropriation du savoir, manifestent d'un côté des rôles particuliers et asymétriques joués par l’enseignant (informer, animer, évaluer, motiver, etc.) et les apprenants (écouter, agir et participer à leur apprentissage) et, de l'autre côté, des situations d'enseignement/apprentissage dont le fonctionnement (Cicurel: 2011) et l’objectif sont aussi bien linguistiques que culturels.

Par conséquent, il serait utile, dans un premier temps d’étudier et d’analyser dans quelle mesure la nature de l’interaction didactique peut contribuer à améliorer ou, a contrario à entraver le bon déroulement du processus d’enseignement/apprentissage de la langue, d'autant que l'apprentissage de la langue s'effectue, entre autres, à travers les interactions enseignant/apprenant dans la langue ­cible. Cependant, certains enseignants recourent à l'utilisation d'une langue "outil", généralement la langue maternelle des apprenants, permettant d'expliquer une notion, un concept ou une information. C’est dans cette perspective que nous envisageons le phénomène d’interférences en tant que mode d’interaction spécifique faisant intervenir dans le processus interactif une langue autre que celle qui fait l’objet de l’apprentissage. Aussi l’interférence serait-elle perçue comme étant un moyen contribuant à faciliter l’interaction didactique ou un phénomène qui pourrait ralentir le processus d’apprentissage. Le second volet de l’interaction didactique qui mérite réflexion est bien celui de la dimension culturelle.

Dans ce sens, précieuses ont été les contributions des recherches sociolinguistiques et pragmatiques sur les pratiques communicationnelles (Hymes 1971, Austin 1962, Searle 1969) lesquelles ont mis en évidence le rapport entre l’appropriation du savoir et les pratiques langagières dans un contexte socioculturel bien déterminé. Selon Beacco (2000), il est même nécessaire d’observer l’influence des facteurs nationaux, ethniques, linguistiques, éducatifs et sociologiques quand il s’agit de connaître les conditions de transmission des savoirs.

A l'heure actuelle, une telle vision de l’approche didactique est porteuse à plus d'un titre dans la mesure où la construction du savoir est fondée sur l’idée que langue et culture sont étroitement liées. En effet, nous assistons aujourd'hui à une persité culturelle favorisée par des facteurs multiples tels que les sociétés hétérogènes, l’ouverture des sociétés aux nouvelles technologies ainsi que les déplacements des familles pour des raisons économiques, politiques, etc. Cette persité pose incontestablement la problématique des interactions culturelles en classe de langue opposant enseignant/apprenants, langue maternelle/langue étrangère et apprenants entre eux, même s'ils parlent la même langue (Blanchet 2005).

Par conséquent, une attention particulière serait à porter sur les interférences, les manières de surmonter les éventuels blocages lors des interactions, d'autant que Cicurel (2011:188) définit la "culture éducative" comme étant "l'ensemble des comportements, images, valeurs, transmis par inculcation, imitation, formation, qui sont liés aux actes d'enseignement/apprentissage et qui exercent une certaine influence sur l'agir professoral". Cette acception insiste sur l’importance du lien qui existe entre la relation éducative et la représentation que les locuteurs s'en font dans le rapport avec leur culture d’une manière générale.

Le présent colloque invite ainsi à réfléchir sur les interactions en didactique des langues et des cultures et sur les modalités de transmission et d'appropriation des savoirs selon les axes suivants:

1) Approche théorique
a­ / Interactions didactiques (rôles interactionnels, règles conversationnelles, système d’alternance des tours de parole, etc.).
b/ ­ Interférences et obstacles (linguistiques, psychologiques, socioculturels, etc.).
c­/  Culture éducative (image du professeur, contrat de parole, évaluation, modèles d’enseignement, genres d’activités, etc.).

2) Les interactions didactiques
a­ / Échanges (verbaux, non verbaux et para­verbaux).
b­ / Statuts et rôles (sociaux, pédagogiques, psychosociaux).
c­ / Agir professoral (motifs de l'action, planification/déplanification, etc.).

3) Les interférences culturelles
a­ / Culture d'enseignement/culture d'apprentissage (règles interactionnelles, modes de transmission, représentations de la scène éducative, activités, etc.).
b/ ­ Culture de la langue maternelle/culture de la langue étrangère (système linguistique, phonétique, syntaxique, lexical, etc.).
c­ / Cultures d'apprenants (langues, stéréotypes, normes, valeurs, habitudes, traditions, etc.).

Comité d'organisation:
Malak Moustapha-­Sabeur, Héla Guellouz, Myriam Ksouri, Mouna Abid, Sameh Benna, MounaBaazaoui, Olfa Belgacem, Sameh Kourachi, Eva Casanova Lorenzo, Ibrahim Moussa.

Comité scientifique:
Mohamed Miled, Bourguiba Ben Rejeb, Mohamed Daoud, Mohamed Bouattour, HafedhHlila, Mounir Zekri, MohsenTounsi, SondosKrouna, Tarek Hermassi, RaoudhaRasgallah, Hichem Kalfat, YakoubGhrissi, Selila Mejri, Ibrahim Moussa.

Coordinatrice: Pr. Mongia ARFA MENSIA

Langues de communication: arabe, français, anglais.
Les candidats sont priés de remplir la fiche de participation et d’envoyer le résumé de leur proposition (300 mots) avec les mots clés à l’adresse électronique du colloque :
languesetformesculturellesislt@gmail.com
et ce avant le 15 mai 2016.
­
Réponse du comité de lecture : 15 juillet 2016.
­Remise des articles : 30 septembre 2016.

FICHE DE PARTICIPATION AU COLLOQUE
Nom et Prénom ..............................

.............................. ..............................
Spécialité.................... .............................. .............................. ................
Grade......................... .............................. .............................. .................
Université.................... .............................. .............................. ...................
Adresse professionnelle............... .............................. .............................. ......
Téléphone personnel : .............................. ........Portable .............................. .....
Fax professionnel .............................. .............................. .............................
Adresse électronique .............................. .............................. ...........................
Titre de la communication .............................. .............................. .........................
Langue de la communication : .............................. .............................. .............
Résumé........................ .............................. .............................. ..............