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Les imaginaires de la traduction (colloque Campus Condorcet - Sorbonne - 4 mars 2017)


Zuletzt aktualisiert: 2 Aug 2016

Avec le soutien du Campus Condorcet (Universités de Paris XIII et Paris III, en partenariat avec l’Univ. de Gand)
Samedi 4 mars, 9h00-18h00, Salle Bourjac, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
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Cette Journée d’Étude, organisée dans le cadre des Journées de Doctorants du Campus Condorcet, rassemblera les réflexions théoriques et pratiques les plus récentes au sujet de la traduction littéraire. La première partie se déroulera pendant toute une matinée et sera consacrée à l’épistémologie de la traductologie. Des chercheur-se-s impliqué-e-s dans le renouvellement des approches traductologiques se réuniront autour d’une table ronde pour évoquer les perspectives les plus novatrices. Figureront parmi ces intervenant-e-s : Astrid Guillaume, Charles Le Blanc, Jean-Yves Masson, Carole Birkan, Guillaume Coatalen et Philippe Guérin.

La deuxième partie de la journée sera consacrée à un « Atelier de Jeunes Chercheurs » pour lequel les doctorant-e-s et les jeunes chercheur-se-s du Campus Condorcet, ainsi que d’autres universités, sont invité-e-s à soumettre leurs candidatures.

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Thématique

Après avoir décrit les dynamiques qui ont amené la crise actuelle des études comparatistes et les enjeux que le new comparatism (Gayatri Spivak : 2003) se prépare à affronter, Gillian Lane-Mercier signale dans un article de 2009 « l’urgence de remettre en cause les avantages – lire les visées – d’une interdisciplinarité sauvage, incontrôlée et incontrôlable qui, à force de jeter des ponts, court le risque de l’éclatement et, partant, l’autodestruction ».

Toutefois, la littérature comparée – comme la traductologie – reste une discipline inévitablement fondée sur l’hybridité et le croisement, et ne peut pas s’empêcher de penser et se repenser au prisme de cette inspiration, d’une « théorie de la mobilité » (Tiphaine Samoyault : 2011). Plus particulièrement, les rapports entre traductologie et littérature comparée dévoilent toute la complexité et les risques de ces disciplines hybrides, ainsi que l’importance de réfléchir sur leur identité et leurs spécificités. C’était déjà d’ailleurs, le thème du XIe Congrès de l’Association Internationale de Littérature Comparée (1985) : dans son introduction, José Lambert soulignait l’importance de la traduction comme étant un champ spécifique en même temps que la nécessité d’une interaction entre la théorie, l’histoire de la traduction et les autres disciplines. Cela revient à dire qu’il est souhaitable de considérer la traduction, non seulement d’un point de vue de la littérature, mais aussi l’histoire des savoirs et des pratiques sociales (F. Rastier : 2011 ; A. Guillaume : 2015 ; Y. Chevrel, J.-Y. Masson : 2015). Il nous semble donc nécessaire de repenser la traduction au prisme de la philosophie, de la poétique, des études sur l’imaginaire, enfin, de la repenser comme un art et non comme l’un des domaines de la linguistique appliquée.

En effet, comme l’a avancé G. Lane-Mercier, la littérature comparée et la traductologie trouveraient leur spécificité commune à la fois dans la visée centrifuge, nomade ou encore « cartographique » qui les anime, et dans la logique de l’intersection, du réalignement, de la traversée. C’est par le biais d’un tel processus que ces deux disciplines deviennent des champs de conflit mais aussi de synthèse.

Dans ce contexte, nous voulons tenter une expérience aussi simple que nécessaire : proposer une nouvelle réflexion sur la pratique et la théorie du traduire, une nouvelle manière de « penser la traduction », selon l’inspiration formulée par Jean-Yves Masson (1999, 2013). Tout en suivant une démarche « cartographique », nous souhaitons envisager une hybridation entre la traductologie et les études sur l’imaginaire. Il est en fait crucial d’observer les manières par lesquelles l’imaginaire intervient dans la « réélaboration socio-symbolique des pratiques traductives » (Antonio Lavieri : 2010). On peut en fait constater que nombre de choix traductionnels dérivent de l’imagination créatrice des traducteurs, qui s’incarne, consciemment ou inconsciemment, dans des choix linguistiques et même poétiques, comme l’on peut remarquer par exemple à travers les études de de Linda Collinge (2000) ou de Mathias Verger (2010). Nous traiterons donc la traductologie d’un point de vue d’une « génétique de la traduction » (Charles Le Blanc : 2009), mais qui repense son identité à la lumière des études comparatistes.

Cela revient à considérer la traduction à l’intérieur de ce qu’on pourrait appeler les « circonstances événementielles de la production imaginaire » (Laurent Van Eynde : 2005). En effet, on peut constater que nombre de choix traductifs dérivent de l’imagination créatrice des traducteurs, à savoir une « imagination active » (Carl Gustav Jung : 1970) qui s’incarne, consciemment ou inconsciemment, dans des choix linguistiques, traductologiques, et même poétiques.

Cette conception de l’imagination fait clairement écho à celle de Giambattista Vico qui, dans la Scienza nova (1744), expose la doctrine des « universaux fantastiques » dans laquelle l’imagination est considérée par rapport à son lien avec la poétique. Il ne s’agira pas de réinventer une « théorie de l’imagination » à la manière de Paul Ricœur (1986), mais plutôt d’envisager ce qu’il nomme une « poétique de la volonté » (P. Ricœur : 1986) en observant un certain nombre de phénomènes et d’expériences « à la charnière du théorique et du pratique » (P. Ricœur : 1986). Par ailleurs, c’est par le biais d’une telle interdisciplinarité qu’on arrivera à surmonter toutes les intrications de la traduction littéraire, afin de pouvoir y saisir une nouvelle réalité linguistique et socioculturelle (Susan Bassnett : 1998). En effet la traduction met en œuvre un travail sur l’imagination et sur toutes ces facultés qui vont au-delà, et en deçà, de la dimension langagière. Comment l’explique François Vezin, les compétences linguistiques ne suffisent pas à la traduction, « car il faut autant et bien davantage une imagination productrice, comme disait Kant, avec cette différence qu’il faudrait en l’occurrence aller jusqu’à parler d’une fonction translinguistique de l’imagination » (F. Vezin : 2005).

Il s’agira ainsi d’étudier, dans le sillage de Christine Lombez (2016), les paratextes, les essais, les influences, les alliances intertextuelles... qui informent le travail des traducteurs et leurs imaginaires. Cette inspiration théorique pourrait s’incarner finalement dans une multiplicité d’analyses, de méthodes, de lectures, dans le but de tracer des profils inédits des traducteurs et de repenser les études en traductologie.

Plusieurs axes proposés :

imaginaires et pratiques de la traduction
les imaginaires dans les projets de traduction
imaginaires comparés des traducteurs
l’imagination des traducteurs face aux intraduisibles
l’imaginaire en jeu dans l’auto-traduction

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Modalités de soumission

Les communications pourront faire l’objet d’une publication. Ces textes devront être inédits et devront passer par une sélection ultérieure. Ils seront envoyés dans le mois suivant la Journée d’Étude. Les normes de publication seront communiquées aux candidats pour les articles retenus.

Les propositions de communication sont à adresser en anglais ou en français aux adresses suivantes avant le 30 novembre 2016. Elles comporteront un résumé de 300 à 400 mots, un titre, une notice biographique et les coordonnées des intervenants.

Christina BEZARI (Université de Gand): Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!
Riccardo RAIMONDO (Paris-Diderot/Sorbonne-Nouvelle): Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!
Thomas VUONG (Paris-Nord): Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!
En ligne : https://imagotrad.hypotheses.org/
Cette action est soutenue par le Campus Condorcet.
http://www.campus-condorcet.fr/
https://imagotrad.hypotheses.org/120