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Évaluer les politiques linguistiques - Xèmes Journées des Droits Linguistiques — JDL 2016 (Teramo-Giulianova, 14-16 décembre 2016)


Zuletzt aktualisiert: 3 Aug 2016

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Évaluer les politiques linguistiques

Quels objectifs, critères, indicateurs ?

Xèmes Journées des Droits Linguistiques — JDL 2016

Colloque international

Teramo-Giulianova, 14-16 décembre 2016

Appel à communications

Ce colloque vise à analyser les objectifs et les méthodes d’évaluation des politiques linguistiques en Italie, Europe et au-delà. Ce thème est très actuel et urgent, et donne lieu à un large éventail d’interprétations et d’articulations.

Une première articulation est de nature majoritairement économique et politique. Notamment à l’âge de l’austérité il est indispensable d’évaluer tout investissement public, dont évidemment les politiques linguistiques. Et ce, non seulement pour rendre compte des ressources publiques investies, mais également, et surtout, pour vérifier si telle politique a débouché sur les résultats programmés et espérés ou si, au contraire, son interruption avant les délais prévus en a provoqué l’échec et donc le gâchis d’argent public. Faute de cette vérification, c’est le soutien citoyen à cette même politique qui risque de faire défaut. Dans plusieurs contextes multilingues européens où l’on parle une ou plusieurs langues minoritaires, la nécessité s’impose aux autorités de politique linguistique de prévoir des évaluations régulières, notamment pour ce qui est de l’enseignement des langues dans les systèmes publics d’instruction. Cela est valable non seulement pour l’enseignement des langues étrangères, dont la connaissance est généralement associée à des avantages de nature économique aussi bien pour l’individu que pour la société, mais également pour les langues nationales qui sont un outil très important pour favoriser l’intégration sociale et dans le monde du travail de masses croissantes d’immigrés (et de leurs conjoints).

Une seconde articulation est de nature plutôt culturelle et sociale. Se rapprocher de et travailler sur l’évaluation des politiques linguistiques revient à déclarer de les prendre au sérieux, en les inscrivant tout à fait dans le cadre des politiques publiques. En effet, dans le monde contemporain, si la culture de l’évaluation a concerné et concerne, parfois avec un zèle excessif, de nombreuses activités humaines, la sphère linguistique n’a pas fait, jusque-là, l’objet d’attentions particulières.

L’incomplète, inexistante ou insatisfaisante évaluation des politiques linguistiques a produit et continue de produire plusieurs conséquences négatives (et sans doute quelques-unes également positives), qui reviennent à l’opacité partielle du rapport entre économie, sujet, langue et gouvernance de la communauté.

Nous nous devons d’analyser ce rapport, en distinguant tout particulièrement entre :

– des politiques concernant les langues de grande diffusion et les langues officielles. L’enjeu est de taille, en ce que l’évaluation de ces politiques pourrait éclaircir la portée (positive et/ou négative) de
certains choix, comme, par exemple, l’adoption de la langue anglaise comme langue de la science et de la formation aussi dans les pays non anglophones et, plus largement, comme « lingua franca [sic] internationale ». Il nous échoit d’inclure dans cette catégorie aussi la promotion de la langue italienne à l’étranger, qui depuis 2014 fait l’objet d’un intérêt renouvelé de la part du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale ;

– des politiques concernant les langues patrimoniales ‒ régionales, locales ou minoritaires historiques ‒, de plus en plus délégitimées en raison justement du manque de leur évaluation ou de leur évaluation interrompue : ces politiques sont d’une manière diffuse perçues comme un coût pour la collectivité. Néanmoins, la disparition ou la survie de ces « patrimoines linguistiques » est un enjeu aussi crucial ;

– des politiques concernant les langues des « nouvelles minorités », dont la prise en compte semble être stratégique pour favoriser une intégration des communautés de nouvelle ou récente immigration davantage orientée au dialogue et à l’interculturel qu’à l’assimilation. Même dans ce cas-là l’enjeu
‒ en termes de conflictualité ou de pacification sociales ‒ est de taille.

Il est donc indispensable d’éclaircir ces enjeux sachant que, d’une part, ces trois niveaux de politique linguistique peuvent interagir (la valorisation des langues locales historiques, qui sont souvent de véritables charnières entre différents États et qui sont en tout cas fonctionnelles à une communication de proximité, peut par exemple contribuer à une plus rapide et efficace intégration de quelques communautés de nouvelle immigration) ; d’autre part, il est nécessaire de questionner sérieusement mais aussi de manière créative, originale, les méthodes, critères et indicateurs à adopter pour évaluer opportunément les politiques linguistiques, justement en raison de la nature foncièrement anthropologique et sociale des langues naturelles. Les indicateurs à analyser ne doivent pas être que de type économique, bien entendu, mais doivent également viser la santé, les biens relationnels, la qualité de la vie, la cohésion sociale et intergénérationnelle, la désaliénation culturelle, la soutenabilité environnementale et ainsi de suite.

Ces réflexions sont nécessaires. Même si le rôle de l’évaluation (au sens de policy analysis) faisait consensus auprès des experts de politique linguistique dès les années 70, notamment en Amérique du Nord, ce n’est qu’à compter des années 90, et de manière croissante dans la dernière décennie, que des instruments généraux d’évaluation se sont développés dans le domaine de l’aménagement linguistique. Il faut donc dresser un état de l’art et envisager, pour l’avenir, les lignes de développement de la recherche et de l’enseignement, et ce d’après une démarche interdisciplinaire aussi parce que, en plus de la relative pénurie des pratiques de terrain, il manque des profils et des parcours de formation adéquats à même de répondre à l’exigence de préparer des professionnels dans le domaine de l’aménagement linguistique et dans l’évaluation des politiques linguistiques. La recherche, l’enseignement des politiques linguistiques et la formation doivent trouver la place qui leur revient à l’école aussi bien qu’à l’université.

La complexité du thème proposé dans ce colloque mérite une discussion approfondie et interdisciplinaire, visant à restituer de la valeur, de la légitimité et de l’efficacité aux politiques linguistiques d’aujourd’hui et de demain.

Axes de recherche (liste non exhaustive)

Méthodologie de l’évaluation des politiques publiques et gestion de la diversité linguistique

Droits linguistiques et politiques linguistiques : des principes au terrain

L’évaluation des politiques linguistiques : cas de figure

Évaluer les politiques linguistiques : langues de grande diffusion

Évaluer les politiques linguistiques : langues patrimoniales ‒ régionales, locales ou minoritaires

Évaluer les politiques linguistiques : langues de nouvelle immigration

Critères et indicateurs pour l’évaluation des politiques linguistiques
Praxis bottom-up et praxis top-down : analogies, différences et interactions Les politiques linguistiques : de bonnes et de mauvaises pratiques Politiques linguistiques et développement local : des projets novateurs Politiques linguistiques et culture de la paix
Les politiques linguistiques contre les exclusions culturelles et religieuses Recherche, enseignement et formation en politologie linguistique Politique linguistique éducative
La communication des politiques linguistiques

Échéancier

15 juillet — 24 août : Diffusion de la première Circulaire et réception des propositions de communication
31 août : Réponse du Comité scientifique, envoi des normes rédactionnelles et ouverture des inscriptions
30 septembre : Clôture des inscriptions
15 octobre : Publication du Programme provisoire
30 novembre : Publication du Programme définitif dans le site du Colloque
14-16 décembre : Colloque
31 mars 2017 : Remise des textes pour la publication dans les Actes
Automne 2017 : Publication des Actes

Propositions de communication

Les propositions de communications devront être envoyées aux adresses suivantes :

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sous la forme d’un résumé d’environ 300 à 500 mots, accompagné de quelques mots-clés et des contacts personnels (prénom, nom, institution d’appartenance, courriel, téléphone). Elles devront être rédigées dans l’une des langues suivantes : allemand, anglais, catalan, espagnol, français, italien

Frais d’inscription

Les inscriptions sont ouvertes dès la réponse du Comité scientifique et jusqu’au 30 septembre. Pour les profs., les frais d’inscriptions s’élèvent à 80 euros. Pour les doctorants et docteurs de recherche, ces frais sont réduits à 40 euros.

Régime linguistique des JDL 2016

– Langues de travail

Les langues suivantes sont admises pour les travaux du colloque et pour les débats :

allemand, anglais, catalan, espagnol, français, italien

– Langues de restitution

Pour la publication des différentes contributions dans les Actes du Colloque il sera possible de proposer des articles rédigés dans d’autres variétés linguistiques européennes, même minoritaires, pourvu qu’elles soient accompagnées de 3 résumés dans autant de Langues de travail (v. supra).
Lieux du Colloque

Le Colloque se déroulera entre l’Université de Teramo et l’Hôtel Europa de Giulianova (TE).

Info

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Comité scientifique (liste provisoire)
Giovanni Agresti, Università di Teramo
Francesco Avolio, Università di L'Aquila
Pierfranco Bruni, Ministero dei beni e delle attività culturali e del turismo (MIBACT) William Cisilino, Agenzia regionale per la lingua friulana
Maddalena De Carlo, Università di Cassino
Michele De Gioia, Università di Padova
Vittorio Dell'Aquila, Centre d'Études Linguistiques pour l'Europe (CELE) Koffi Ganyo Agbefle, Université du Ghana
Michele Gazzola, Humboldt-Universität, Berlin Henri Giordan, Direttore di ricerca emerito al CNRS Nazzareno Guarnieri, Fondazione Romanì Italia (FRI) Gabriele Iannàccaro, Stockholms universitet
Jean-Marie Klinkenberg, Université de Liège
Jean Léo Léonard, Université de Paris La Sorbonne Danielle Lévy, Association TRANSIT-Lingua Joseph Lo Bianco, University of Melbourne
Josep M. Nadal, Universitat de Girona
Francesc Feliu Torrent, Observatori de les Llengües d'Europa i de la Mediterrània (ODELLEUM) Christian Tremblay, Observatoire Européen du Plurilinguisme (OEP)
Federico Vicario, Università di Udine
Maurizio Viezzi, Università di Trieste e European Language Council (ELC/CEL)

Partenaires associés (liste provisoire)
GSPL - SLI, Società Filologica Friulana, AIDL, OEP, MAAYA, La Renaissance Française,
Association TRANSIT-Lingua, DORIF-Università, Conseil européen pour les langues, CELE, MIBACT, FRI, ELC/CEL