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Appel à communication : Mieux vivre en langues, ou comment passer de l’insécurité à la bienveillance, la bientraitance, la coopération


Zuletzt aktualisiert: 17 Jan 2019

Annemarie Dinvaut & Luc Biichlé

Avignon Université, Laboratoire Identité Culturelle, Textes & Théâtralité (ICTT) EA 4277 France.

 

Date limite: 31 janvier 2019

Le contact avec l'altérité est indissociable de la destinée humaine, et est souvent associé à la mobilité spatiale ou professionnelle – la sienne comme celle d'autrui. Il implique la découverte de nouvelles cultures, l'apprentissage de langues et de codes différents. La rencontre avec l'altérité n'est jamais anodine, et les mouvements physiques et cognitifs qu’elle génère sont aussi des traumatismes potentiels et provoquent toujours des tensions, des perturbations et des reconfigurations (Tap, 1988 ; Lüdi, 1995 ; De Pietro, 1995), en termes de représentations de soi, d'autrui, et de capacité à agir. Si la déstabilisation (représentationnelle, linguistique, culturelle, professionnelle, etc.), inhérente à toute mobilité et à tout apprentissage, est féconde lorsqu’elle permet l’accueil de la nouveauté et la transformation de soi, elle peut en revanche, et particulièrement en contexte migratoire, être vécue douloureusement et provoquer une insécurité linguistique, identitaire ou culturelle (Canut, 1995 ; Clavé, 1999 ; Billiez et al., 2002 ; Biichlé, 2011)

ainsi que de sérieux freins, voire le blocage des apprentissages.

Toutefois, à chaque maltraitance liée aux systèmes ou aux êtres, à chaque facteur d’insécurité linguistique ou culturelle, peut correspondre une « bientraitance linguistique » (Dinvaut, 2016). Cette notion est en lien avec des concepts de l'anthropologie (Mauss, 1925) et de la philosophie (Ricoeur, 1990, Levinas, 1988, Derrida, 1997, Honneth, 2006) et elle fait écho aux réflexions menées depuis les années 1980 dans les domaines de la santé ou de la psychologie, qui ont débouché sur la création du CCNE1 en France, en 1983. Ce comité pose 3 principes éthiques pour encadrer l'exercice de la recherche médicale : le respect de la personne, son consentement libre et éclairé, le principe de justice et celui de bienfaisance. Cette dernière est définie par deux règles : ne pas faire de tort, maximiser les avantages et minimiser les dommages possibles pour les personnes. Lorsqu’elle est linguistique, dans les situations

d’enseignement-apprentissage, au travail, dans les relations administratives ou du quotidien, la bientraitance s'opère dans des attitudes, des stratégies et des actes d'ordre cognitif ou socio-affectif. Elle consiste à faciliter la compréhension, à encourager la parole, à accueillir les variations, les tâtonnements et les bricolages avec une estime égale à celle dont bénéficient les productions et attitudes qui correspondent à la norme du groupe dominant.

En regard des diverses insécurités et souffrances que peuvent générer les mobilités, cet ouvrage propose l’exploration et l’analyse des gestes ou actions qui créent des conditions favorables à l'activité et aux apprentissages. Il s'agira d'observer et d'analyser les gestes de bientraitance linguistique, l’amélioration des conditions systémiques ainsi que l’ensemble des actions visant à diminuer voire faire disparaître toute forme d’insécurité linguistique, et à développer les ressources et les potentiels d'agir des personnes.

Les contributions pourront s'inscrire dans plusieurs champs disciplinaires : la sociolinguistique, la sociologie, l'histoire de la langue, la philosophie (en particulier orientée vers l'ergologie), l’anthropologie, etc. Elles pourront interpeller d'autres problématiques, celles du genre, de la racialisation, de différentes formes de subordination. Un large spectre d'approches est possible :

- Aux niveaux macro et méso, les politiques linguistiques et éducatives, les fonctionnements institutionnels, l’insertion.

- Au niveau micro, les situations d’enseignement formel ou informel, de contacts en milieu professionnel, les inter-relations dans différentes circonstances de vie, etc.

Les propositions pourront privilégier une dimension

– Interventionniste, afin d'inspirer des agirs positifs, pragmatiques, sans angélisme ni catastrophisme.

– Epistémologique, pour développer en particulier l'aspect définitoire et terminologique : comment désigner ces stratégies positives ? S'agit-il de bienveillance (qui a priori désigne plus une posture, une attitude), de bientraitance (les gestes, les dispositifs), de coopération linguistique (qui permet de désigner les interactions entre les acteurs, la part d'agir de chacun) ?

Les propositions d’article seront envoyées pour évaluation aux adresses suivantes : Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!, Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!. L'auteur.e y précisera son institution et laboratoire d'appartenance. Lors de la remise définitive de l’article, il fera parvenir à la rédaction un paragraphe de 5 lignes résumant son cursus et ses axes de recherche. Les travaux seront inédits et n’auront pas été envoyés à d’autres lieux de publications. Les articles (une quinzaine, 30 000 à 35 000 caractères espaces compris) suivront un processus de double évaluation anonyme par des pairs membres du comité scientifique. L’auteur.e recevra le contenu de ces évaluations. Les consignes de rédaction seront envoyées aux auteur-e-s dès notification de l'acceptation de leur proposition.

Calendrier :

octobre 2018, diffusion de l'appel.

31 décembre 2018 : date limite de réception des propositions d'article.

15 février 2018 : réception de l'avis du Comité scientifique et envoi des décisions aux auteurs.

15 juillet 2019 : date limite de réception des articles.

15 décembre 2019 : date ultime pour le remaniement et la mise en forme des textes.

Comité scientifique :

Julie Abbou, Sciences du langage, Aix Marseille Université.

Laurence Belliès, Ergonomie, Aix Marseille Université.

Luc Biichlé, Sciences du langage, Avignon Université.

Philippe Blanchet, Sciences du langage, Université Rennes 2.

Laurence Buson, Sciences du langage, Université Grenoble Alpes.

Laurie Carlson-Berg, Sciences de l'Education, Université de Regina, Canada.

Stéphanie Clerc Conan, Sciences du langage, Université Rennes 2.

Hélène Croce-Spinelli, Université Lumière-Lyon2

Alain Di Meglio, Cultures et langues régionales, Université de Corse.

Annemarie Dinvaut, Sciences du langage, Avignon Université.

Joachim Dolz-Mestre, Université de Genève,

Véronique Fillol, Sciences du langage, Université de Nouvelle-Calédonie.

Claudine Moïse, Sciences du langage, Université Grenoble Alpes.

Christine Noël-Lemaitre, Philosophie, Aix Marseille Université.

Isabelle Pariente-Butterlin, Philosophie, Aix Marseille Université.

Fanny Rinck, Sciences du langage, Université Grenoble Alpes.

Marielle Rispail, Sciences du langage, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.

Tine Roth, Philosophie, HES-SO Valais-Wallis

Marine Totozani, Sciences du langage, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.

Sandra Tomc, Sciences du langage, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.

Valeria Villa Perez, Sciences du langage, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.