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Appel à contributions - Les Langues Modernes 2-2015 « Le cinéma en langues » - date limite d’envoi des propositions : 30 septembre 2014


Zuletzt aktualisiert: 13 Aug 2014

Coordinatrice : Véronique Pugibet

Dates à retenir :
- 30 septembre 2014 : soumission des propositions d’articles (1 page, env. 2 500 signes, espaces comprises) à la coordinatrice et au rédacteur en chef.
- 19 octobre 2014 : validation ou non de la proposition transmise aux auteurs.
- 15 décembre 2014 : envoi des tapuscrits à la coordinatrice.
- mi janvier 2015 : examen des articles par le Comité de lecture des Langues Modernes.
- 30 mars 2015 : retour des articles finalisés selon les commentaires du comité de lecture.
- Fin juin 2015 : publication du numéro 2-2015.

Contacts
Véronique Pugibet : Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!
Copie au rédacteur en chef des Langues Modernes : Pascal Lenoir - Diese E-Mail-Adresse ist vor Spambots geschützt! Zur Anzeige muss JavaScript eingeschaltet sein!

 

Orientation du numéro :
L’attrait pour le cinéma et son utilisation dans le cadre de l’enseignement et l’apprentissage d’une langue vivante ne sont pas nouveaux, et Les Langues Modernes s’en étaient déjà préoccupées à plusieurs reprises [1]. On peut constater que les manuels laissent de plus en plus de place au cinéma sous diverses formes (photogrammes, affiches, scripts, éléments pour analyser une séquence contenue dans le DVD accompagnant l’ouvrage etc.), sans doute parce que le cinéma constitue à la fois un objet culturel et un support didactique. C’est sans doute ce qui a amené certains jurys de Capes et d’agrégation (notamment en anglais et en espagnol) à l’introduire dans les programmes des concours, il y a déjà un certain nombre d’années.

En effet, les évolutions techniques (depuis la VHS jusqu’au numérique) ont rendu aisée la diffusion d’extraits de films en classe de langues, de même qu’elles ont facilité la diffusion de films en version multilingue. L’accès aux cinémas du monde en V.O n’est donc plus un rêve, comme c’était le cas encore au milieu des années 80, mais une réalité bien tangible, même si le problème des droits d’auteurs demeure, en dépit d’accords avec certains partenaires.

Une première approche de l’intérêt du cinéma pour l’apprentissage d’une langue-culture consiste justement à souligner ses apports potentiels pour la connaissance de la langue et de la culture. L’œuvre de fiction cinématographique, grâce aux moyens d’expression qui lui sont propres, invite à porter un regard sur l’état des cultures que les personnages incarnent de par leur singularité, le tissu socioculturel dans lequel ils s’inscrivent, etc. Ce sont les choix opérés (narration, jeu des acteurs, lieux, mise en scène etc.) par le metteur en scène qui confronteront le spectateur à cette altérité. Le spectateur natif y trouve des échos à ses propres préoccupations sociales, esthétiques, éthiques. L’apprenant de langue quant à lui doit parmi cet enchevêtrement de références, démêler les éléments qui pourront l’aider à repérer des éléments significatifs lui permettant d’accéder aux divers codes culturels sous-jacents.

On ne saurait d’ailleurs s’en tenir au seul cinéma de fiction et « à personnages » qui de plus recouvre une grande diversité de genres. Le documentaire qui tend à se développer de plus en plus (R.Depardon, A.Varda, P.Guzmán, M.Moore) donne lieu à des œuvres dont la critique souligne les qualités d’écriture, de montage ainsi que, souvent, l’engagement. On peut aussi trouver des œuvres hybrides, qui croisent les éléments fictionnels avec une approche sociologique ou historique rigoureuse. Il faut également tenir compte du fait que le cinéma n’est plus visible seulement en salle, mais sous de multiples formes : streaming, home cinéma etc. Et si certains s’interrogent sur le bien-fondé de ces comportements, en concurrence avec l’ambiance des salles obscures, on ne peut refuser de les prendre en compte.

De plus, si l’on a pu longtemps parler de cinéma national, on peut se demander dans quelle mesure c’est encore le cas aujourd’hui dans un monde de plus en plus globalisé. En effet de nombreuses œuvres se font l’écho de phénomènes d’acculturation de plus en plus complexes (Babel d’Alejandro González Iñárritu), et des réalisations témoignent de regards croisés (Looking for Eric de Ken Loach, Le Havre de Aki Kaurismäki), des coproductions au niveau international. Par ailleurs on rencontre aussi des adaptations, des œuvres qui franchissent les frontières (comme les « séries cultes » ou les telenovelas…) car les schémas narratifs dominants sont des archétypes (amours, trahisons, bons/méchants, pauvres/riches…).

Enfin, la dimension esthétique est-elle partie prenante de l’apprentissage de la langue-culture à travers ce média ? L’image filmique est-elle considérée en classe de Langue/culture en tant que 7° Art ? Sa force artistique est-elle prise en compte et comment ? Comment s’intéresse-t-on aux procédés cinématographiques mis en œuvre, eux qui contribuent à créer du sens ? Car comme le rappelle C.Archat-Tatah l’introduction du cinéma à l’école a pour « vocation d’apprendre à regarder un film, à le voir tout entier comme un enchaînement d’images qui se vident dans les suivantes et ainsi de suite [2] C’est aussi un moyen de construire un jugement, de prendre de la distance.

Axes pour les contributions :

Nous retenons deux axes pour les contributions à ce numéro :

- un premier axe privilégiant les aspects esthétiques, formels :
nous attendons dans le cadre de cet axe des articles qui pourraient faire état du cinéma sous toutes ses formes (de fiction ou non) d’un ou de pays où est parlée une langue ; on peut attendre par exemple des réflexions sur la question de savoir en quoi des œuvres cinématographiques renouvellent le regard porté sur un pays, une culture ou sur une époque donnée, voire sur le genre cinématographique lui-même. On portera un intérêt particulier aux contributions qui croiseraient réflexion sur les enjeux culturels et considérations sur l’esthétique filmique.

- un second axe privilégiant l’approche didactique :
sur les stratégies d’accès à ce média, notamment en tenant compte des apports que peut apporter la technologie qui est désormais à la disposition du plus grand nombre ; sur les effets attendus ou constatés de l’utilisation de ce média en matière d’enseignement et d’apprentissage de la langue-culture ; sur des initiatives, des projets, des expérimentations, les pratiques cinématographiques en classe. En effet, « les confrontations aux œuvres du patrimoine ne sont pas les seules manières d’éduquer à l’image. La réception peut également être mise en relation avec la pratique du medium [3]. »

Consignes aux auteurs d’articles pour Les Langues Modernes

[1] Cf. les n°s 4/99 et 3/04, ainsi que le n° 2/13, consacré à l’image animée.

[2] Caroline Archat-Tatah, Ce que l’école fait avec le cinéma, Presses universitaires de Rennes, 2013, p.72.. »

[3] Ibidem p.65.