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Enseignement supérieur

Quand Campus France assure la promotion de l'anglais sous-couvert de francophonie

Mis à jour : 7 Fév 2019

Voici quelques extraits très édifiants du dossier de presse établi par Campus France pour la conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe du 19 novembre 2018 sur l'attractivité de l'enseignement supérieur français pour les étudiants étrangers.

p. 13

DOUBLER LE NOMBRE D’ÉTUDIANTS BÉNÉFICIANT D’UN PROGRAMME TAUGHT IN ENGLISH
Depuis 2004, l’offre de formations dispensées en anglais a été presque multipliée par 5 en France, passant de 286 à 1  328 à la rentrée 2018. Sur ces 1  328 programmes français-anglais, 1015 sont intégralement dispensés en anglais, pour l’essentiel au niveau master. 237 établissements d’enseignement supérieur proposent des formations dispensées en anglais, dont 137 établissements publics. Les domaines de formation les plus proposés par les établissements sont :
- Business/management
- Sciences de l’ingénieur/technologie
- Sciences/environnement/santé
Mais le développement de l’offre de formation en anglais se heurte aujourd’hui encore à des obstacles juridiques1, qui seront levés afin de permettre que tout enseignement puisse être délivré en langue étrangère dès lors qu’il accueille des étudiants internationaux.
En parallèle, le développement des enseignements délivrés, tout ou en partie, en anglais ou en langue étrangère sera éligible au soutien du Fonds d’amorçage Bienvenue en France.

PROGRAMMES EN ANGLAIS
FOCUS PAYS-BAS
Les Pays-Bas proposent désormais la quasi-totalité de leurs formations en anglais :
2032  programmes au total, dont 1301 masters et 369 bachelors. Parallèlement à ce développement, les Pays-Bas qui étaient 27ème pays d’accueil d’étudiants étrangers inscrits en formation diplômante en 2010, sont passés à la 12ème place du classement en 2016.

DOUBLER LE NOMBRE D’ÉTUDIANTS BÉNÉFICIANT D’UNE FORMATION INTENSIVE DE FRANÇAIS LANGUE ETRANGÈRE
L’objectif fixé par le Président de la République est de doubler le nombre d’étudiants en provenance de pays émergents, majoritairement non-francophones. Un nouvel élan s’impose pour adapter l’offre en conséquence et faire que chaque étudiant international puisse bénéficier de cours intensifs de Français Langue Étrangère avant son départ ou au début de son semestre d’étude.
Les établissements qui mettront en place des modules intensifs de français langue étrangère à destination des étudiants étrangers non francophones pourront bénéficier des crédits ouverts au titre du Fonds d’amorçage Bienvenue en France, qui sera créé par le MESRI et doté dès 2019 de 10 millions d’euros de budget.

Commentaire : ce qu'il y a derrière les mots.

Quand Campus France déplore la permanence d'obstacles juridiques1 au développement de l'offre d'anglais, il s'agit de l'article L121-3 du code de l'éducation (ancien article 2 de la loi Fioraso du 22 juillet 2013) qui prévoit que toutes les formations contenant des enseignements de matière en langues étrangères ne pourront pas être dispensées dans cette seule langue et par ailleurs, les étudiants non francophones devront apprendre le français pour pouvoir suivre les enseignements en français, le niveau en français devant faire l'objet d'un contrôle faisant partie du diplôme. Donc, il faut lire que Campus France, alors que le ministère n'oppose aucune entrave à la délivrance des accréditations à ces formations illégales, Campus France préconise que leur développement puisse se faire en toute légalité c'est-à-dire, sans apprentissage du français et dans des matières enseignées exclusivement en anglais.

Aussi, quand Campus France préconise que les établissements délivrant des enseignements exclusivement en anglais puissent bénéficier du Fonds d’amorçage Bienvenue en France, c'est clairement une mesure purement incitative et sans condition de résultat, cela va s'en dire.

Lors de son intervention à l’ouverture du colloque « Mon idée pour le français » le 14 février 2018 à la Cité internationale, Me Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, s'est félicitée que 57 % des étudiants qui ont fini leurs études en France considèrent qu’ils parlent correctement le français en quittant notre pays. C'était reconnaître comme une chose normale à ses yeux que 43 % des étudiants qui viennent étudier en France ne parlent pas le français en quittant notre pays. C'est aussi reconnaître que le ministère de l'enseignement supérieur, qui supervise tous les diplômes, est parfaitement responsable et complice de cet état de fait.