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Enseignement supérieur

L'anglais à l'université : jugement historique du tribunal administratif de Lombardie !

Mis à jour : 31 Mai 2013

Le tribunal administratif régional de Lombardie a annulé, par un jugement du 26 mai 2013, la délibération du Conseil d'université de l'Institut Polytechnique de Milan du 21 mai 2012 par laquelle il était décidé que toutes les formations postérieures à la licence, donc les masters et doctorats, seraient dispensées en anglais.

Pour ceux qui lisent parfaitement l'italien, ci-joint le texte intégral du jugement. Pour les autres, en voici un extrait en français en attendant d'autres traductions, d'une qualité exceptionnelle, dont nous souhaitons que les juristes de tous les pays se nourrissent, car il comporte les ingrédients d'un droit à la langue, en tant que droit fondamental. Rappelons à toutes fins utiles que l'UNESCO a adopté en 2001 une déclaration universelle sur la diversité culturelle, dont ce jugement peut apparaître comme une puissante manifestation. En effet, ce jugement fait apparaître que l'abandon de la langue dans l'éducation, y compris dans l'enseignement supérieur, pose des problèmes d'ordre constitutionnel. Ci-après donc un extrait du jugement et le jugement lui-même en pièce jointe.

L'OEP

L'obiettivo perseguito dal Politecnico è quello di favorire l'internazionalizzazione dell'Ateneo, ma l'uso esclusivo della lingua inglese per la parte specializzante dell'offerta didattica - biennio magistrale e dottorati – non riflette l'obiettivo perseguito, perché esso non richiede una scelta così radicale per essere raggiunto.

Come già evidenziato l'uso esclusivo della lingua inglese apre l'Ateneo ai paesi la cui cultura si connota per l'uso dell'inglese, ma non si tiene conto dell'ampio respiro sotteso all'esigenza di internazionalizzazione, che comporta un'apertura verso il pluralismo culturale, mantenendo la centralità della lingua italiana e non un'apertura selettiva, perché limitata ad una particolare lingua.

Non si vuole negare che, come è noto, l'uso della lingua inglese sia particolarmente diffuso, ma ciò non significa che l'uso obbligatorio ed esclusivo di questa lingua favorisca l'internazionalizzazione dell'Ateneo, perché manca ogni correlazione tra l'uso dell'inglese e la possibilità di diffondere le conoscenze, la didattica, le modalità di insegnamento praticate dal Politecnico in relazione ai contenuti dei diversi corsi che compongono le lauree magistrali e i dottorati.

Del resto, ci si è già soffermati sul fatto che la marginalizzazione dell'italiano, che così si verifica, oltre a contrastare con il principio del primato della lingua italiana, contrasta anche con l'obiettivo dell'internazionalizzazione, perché l'esclusione dell'italiano dagli insegnamenti specialistici comporta che l'apertura verso l'estero sia unidirezionale, ossia diretta a favorire, con l'uso di una particolare lingua straniera, la diffusione delle conoscenze e dei valori che tipicamente in quella lingua si esprimono, dimenticando però che l'internazionalizzazione implica anche diffusione delle conoscenze e dei valori che, nei diversi insegnamenti, sono apportati dalla cultura italiana e che in italiano si manifestano.

Parallelamente, la prevista sostituzione della lingua inglese alla lingua italiana per tutti gli insegnamenti del biennio magistrale e per i dottorati di ricerca, incide in modo esorbitante sulla libertà di insegnamento e sul diritto allo studio, che integrano degli interessi di rilevanza costituzionale sicuramente compresi nella vicenda in esame.

Va ribadito, infatti, che l'innovazione approvata dal Senato accademico obbliga i docenti, che in esercizio della loro libertà di insegnamento intendono continuare la docenza nei corsi già gestiti del biennio magistrale, ad insegnare necessariamente in lingua inglese, adattando a ciò i programmi, i testi, la didattica, nonché acquisendo conoscenze della lingua inglese prima non richieste.

Il punto è particolarmente rilevante, perché la conoscenza della lingua inglese non implica di per sé la capacità di sviluppare la didattica in inglese, in quanto è evidente che tale capacità richiede una dimestichezza e una padronanza della lingua del tutto peculiare.

Allo stesso modo, gli studenti che intendono completare presso il Politecnico la propria formazione, ivi frequentando anche il biennio magistrale o dedicandosi al dottorato, dovranno necessariamente abbandonare l'uso della lingua italiana.

In altre parole, gli interessi di cui sono portatori insegnanti e studenti vengono sacrificati in una misura di gran lunga eccedente quanto necessario per realizzare l'obiettivo dell'internazionalizzazione.

Obiettivo che, si ripete ancora una volta, non significa piegare gli insegnamenti e la cultura scientifica praticati in una Università pubblica italiana in favore di una particolare lingua straniera, per quanto essa sia diffusa come mezzo di comunicazione tra persone di diversa nazionalità, ma significa attivare strumenti che consentano agli studenti stranieri di sperimentare e conoscere la didattica italiana e agli studenti italiani di arricchire le proprie conoscenze con quelle che in ciascuna materia sono sviluppate in paesi stranieri.

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Le but de l'Institut Polytechnique est de favoriser l'internationalisation de l'université, mais l'utilisation exclusive de l'anglais pour la partie de spécialisation de l'offre didactique - masters en deux ans et doctorats - ne reflète pas l'objectif, car celui-ci n'exige pas un choix aussi radical pour être atteint.

Comme cela a déjà été mis en évidence, l'utilisation exclusive de l'anglais ouvre l'université aux pays dont la culture est déjà connotée par l'utilisation de l'anglais, mais ne tient pas compte de l'ample souffle sous-tendu par l'exigence d'internationalisation, qui implique une ouverture vers le pluralisme culturel, maintenant le rôle central de la langue italienne, et non une ouverture sélective, parce que limitée à une langue particulière.

On ne peut nier que, comme cela est noté, l'utilisation de l'anglais est particulièrement répandue, mais ceci ne signifie pas que l'usage obligatoire et exclusif de cette langue encourage l'internationalisation de l'université, parce qu'il n'y a aucune corrélation entre l'utilisation de l'anglais et la possibilité de diffuser les connaissances, l'enseignement, les modes d'enseignement pratiqués par l'Institut Polytechnique en relation avec les contenus des divers cours qui composent le diplôme d'étudiant préparant un master et des études doctorales.

Du reste, nous nous sommes déjà arrêtés sur le fait que la marginalisation de l'italien, qui se vérifie, en plus d'être en opposition avec le principe de la primauté de la langue italienne, contredit également l'objectif d'internationalisation, parce que l'exclusion de l'italien des enseignements spécialisés implique que l'ouverture internationale soit unidirectionnelle, c.-à-d. dirigée pour stimuler, avec l'utilisation d'une langue étrangère particulière, la diffusion des connaissances et des valeurs qui sont typiquement exprimées dans cette langue, oubliant apparemment que l'internationalisation comporte également la diffusion des connaissances et des valeurs qui, dans les divers enseignements, sont apportés par la culture italienne et exprimés en italien.

En parallèle, le remplacement prévu par l'anglais de la langue italienne pour tous les enseignements de masters et pour les doctorats de recherche, a un effet exorbitant sur la liberté d'enseignement et sur le droit d'étudier, qui représente des intérêts d'importance constitutionnelle certainement compris dans l'affaire en examen.

Il faut réaffirmer, en effet, que l'innovation approuvée par le Conseil d'université oblige les professeurs, qui dans l'exercice de leur liberté d'enseignement ont l'intention de continuer d'enseigner dans des cours existants, à enseigner désormais en anglais, à adapter leurs programmes, leurs textes, leur didactique, sans compter l'acquisition de connaissances en anglais initialement non requises.

Ce point est particulièrement important, parce que la connaissance de l'anglais n'implique pas par elle-même la capacité d'enseigner en anglais, puisqu'il est évident que cette capacité exige une intimité avec la langue et une maîtrise de celle-ci très particulière.

De la même manière, les étudiants qui ont l'intention de compléter leur formation à l'Institut Polytechnique, arrivés au master pour se consacrer ensuite au doctorat, doivront nécessairement abandonner l'utilisation de la langue italienne.

En d'autres termes, les intérêts dont sont porteurs les professeurs et les étudiants sont sacrifiés dans une mesure qui dépasse de loin ce qui est nécessaire pour atteindre l'objectif d'internationalisation.

Objectif qui, il faut le répéter, ne signifie pas plier les enseignements et la culture scientifique pratiqués en italien dans une université publique à une langue étrangère particulière, bien que celle-ci soit diffusée à fin de communication entre des personnes de différentes nationalités, mais signifie activer des moyens permettant aux étudiants étrangers d'éprouver et connaître l'enseignement italien et aux étudiants italiens d'enrichir leurs propres connaissances de celles qui dans chaque domaine sont développées dans les pays étrangers.

Un article de l'OEP à relire