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Enseignement supérieur

Si nous voulons être compétitifs, nous aurons besoin de diplômés polyglottes.

Mis à jour : 26 Jui 2014

Les universités doivent lutter contre la crise de l’enseignement des langues, et ce, de façon immédiate et créative.

·         The Observer, Samedi 25 Août 2013

Parlons des langues: l’anglais seul ne suffit pas

Photographie : Christopher Thomond pour le quotidien britannique The Guardian.

La dégradation observée dans l’enseignement des langues à l’enseignement supérieur est très inquiétante (« Alors que 40% des filières linguistiques dans les universités font face à la fermeture, l’enseignement des langues est en crise », Nouvelles). Les universités doivent envisager une façon créative de promouvoir l’enseignement des langues dans leurs établissements.

A la Regent’s University de Londres, bien qu’il existe une offre linguistique de dix langues, adressée à tous, plus d’un tiers de nos étudiants doivent étudier une nouvelle langue étrangère en rapport direct avec les thèmes étudiés dans les différentes matières de leur parcours. Ces étudiants passent également deux semestres à l’étranger, pour étudier ou travailler dans un pays en lien avec leur choix de langues. Une telle immersion permet aux étudiants de découvrir de nouvelles cultures et de perfectionner leurs compétences linguistiques.

Les quelques semaines d’enseignement à l’étranger proposées par certaines universités ne représentent qu’une timide approche du concept d’internationalisation et ne préparent pas réellement les étudiants au marché international de l’emploi. Le secteur doit dépasser l’approche traditionnelle des filières linguistiques et penser à mettre en place des écoles de langues, offrant des cours aux étudiants de tous cursus confondus. Si nous ne remédions pas à ce problème rapidement, nos diplômés auront de plus en plus de mal à rivaliser avec leurs homologues polyglottes à l’étranger.

Professeur Aldwyn Cooper

Vice-chancelier et Président

Regent’s University London

L’importance excessive accordée à la recherche et aux revenus destinés à celle-ci durant ces dernières années a poussé le Ministère de l’Enseignement à faire encore plus de pression sur les responsables des départements linguistiques. Beaucoup de filières qui ne souffrent pas d’un manque d’effectifs et qui sont bien notées par les étudiants sont simplement condamnées à présenter des lacunes lorsqu’il s’agit «  d’excellence en matière de recherche » et sont de ce fait « remplaçables ».

Les universités ne sont pas pour autant les plus préoccupées par le fait que l’enseignement des langues puisse tout simplement disparaitre- maximiser les profits semble être leur unique préoccupation.

Les maîtres de conférences des établissements de recherche d’excellence pourraient faire preuve d’un peu plus de solidarité et d’empathie au lieu de se montrer aussi désireux de collaborer avec les responsables universitaires dans cette quête de restructuration des filières linguistiques qui consiste finalement à les éliminer totalement. Les votants du mouvement Ukip et les adolescents qui choisissent de ne pas étudier les langues ne sont pas les seuls responsables de cette crise : elle est davantage alimentée par les universités elles-mêmes, c’est pourquoi, dans ce sens, elles ne devraient bénéficier d’aucun soutien.

Dr Joy Charnley

Glasgow

La nouvelle selon laquelle 40% des filières linguistiques des universités pourraient fermer d’ici dix ans risque de nous laisser coupés du monde du point de vue culturel et de nous isoler sur le plan linguistique.

Les recherches du British Council se sont penchées sur divers sujets, comme celui de la place des langues dans l’entreprise où celles-ci ont déclaré vouloir recruter plus de personnel compétent en langues pour rester compétitives au niveau international ou encore le niveau de langue de la population britannique, soulignant à quel point leurs pratiques en vacances, trahissent un manque de confiance et de compétence linguistique.

Les résultats adressent un message clair : l’anglais ne suffit pas pour notre plaisir, nos loisirs ou nos affaires. Les compétences en langues étrangères ne visent pas seulement à nous permettre de nous faire comprendre. Elles sont la clé de la découverte et la compréhension d’autres cultures. L’anglais est une langue internationale, mais nous risquons de passer à côté d’un univers de possibilités si elle est la seule langue que nous maîtrisons.

John Worne

Directeur de la stratégie, British Council

Londres SW1

Ayant lu avec intérêt l’histoire figurant sur votre première page de la semaine dernière, j’ai été très content de lire dans l’article de David Willetts’ Dans la course au progrès scientifique, nous ne devons pas négliger le monde des arts ») que « grâce au baccalauréat anglais, l’apprentissage des langues pour l’obtention du certificat général de l’enseignement secondaire est à son plus haut niveau depuis neuf ans. Nous devons attendre à présent que cela se répercute sur les universités. Et c’est pour cette raison que le Conseil de financement de l'enseignement supérieur pour l'Angleterre (HEFCE) travaille actuellement avec les établissements pour la sauvegarde de l’enseignement des langues modernes dans tous le pays”.

Il semblerait donc qu’il soit temps de s’atteler à la tâche ou il n’y aura plus aucune filière linguistique dans les universités permettant aux diplômés de mettre en pratique leurs compétences linguistiques et de se former à devenir les professeurs de langues, traducteurs et interprètes du futur.

Harry D Watson

Edinburgh

Traduction : Boutarfa Amina

Article original : http://www.theguardian.com/theobserver/2013/aug/25/language-education-crisis-universities