Nécessité d’une codification de l’écriture sémique

Si l’on souhaite procéder à des traitements automatisés sur des structures sémiques, il est indispensable de codifier cette écriture de façon à :

  • distinguer les sèmes génériques et les sèmes spécifiques
  • distinguer les différentes catégories de sèmes génériques
  • intégrer des relations entre sèmes : relations logiques (et : &, ou inclusif : v, ou exclusif : w, négatif : Ø) ou relations non logiques (prédicats)
  • intégrer des sèmes extensibles en sémèmes ou des sémèmes réductibles à des sèmes.
  • pouvoir comparer les sémèmes entre eux par référence aux modèles sémantiques fondamentaux. Par exemple, comment comparer « construire » et « démolir » si ce n’est par un signe logique signifiant « contraire de » ou « non », soit le signe normalisé « Ø». Comment traduire le positionnement dans la sinusoïde (cf. TAL p. 42) « passion », « amour », « désintérêt », « indifférence », « antipathie », « répulsion », « haine », « indifférence », « sympathie », « affection », « amour », « passion ». Faut-il retenir une échelle dans l’intensité ou faut-il classer chaque lexème, sur la base du sème « intensité » les uns par rapport aux autres immédiatement supérieur ou inférieur. Quoi qu’il en soit, le traitement automatique postule ce type de notation. Autant de question auxquelles nous proposons d’apporter les réponses provisoires suivantes :

- les sèmes génériques seront écrits en majuscule

- les sèmes génériques sont classés dans l’ordre : dimension, domaine (s), taxème (s)

- les sèmes spécifiques seront écrits en minuscule

- les sèmes spécifiques sont classés par ordre alphabétique

- les sèmes afférents seront suivis d’une double parenthèse

- les sèmes associés à une notion de quantification comporteront un argument précédé de « : ».

Le modèle binaire discontinu ne comporte pas de quantification à proprement parler puisqu’il ne comporte qu’une alternative : « être » ou « ne pas être ». Dès lors qu’est déterminé le terme de référence, son contraire est défini par la négation, cette négation n’ayant une traduction au niveau du sémantème que dans le cas où le contraire est léxèmisé.

Le modèle binaire continu comporte une continuité sémantique d’intention (TAL p. 36). Dans le cas par exemple de l’axe de probabilité allant d’« exclu » à « certain » :

Ll4 10 écriture1

Chaque sémème se distingue des autres par son « intensité d’assertion » avec deux pôles extrêmes et deux positions intermédiaires. Le pôle « exclu », « impossible », devrait avoir une intensité 0, le pôle « certain », « nécessaire » une intensité ¥. Par souci de simplification, l’essentiel étant d’indiquer une différence et non une quantification exacte, nous proposons de retenir comme pôle extrême 0 et 1. Les termes médians se voyant affecté un indice qui pourrait être 0,25 pour « possible » et « contingent » et 0,75 pour probable.

On écrira donc :

« exclu » : PROBABILITE, intensité : 0

« possible : PROBABILITE, intensité : 0,25

Le modèle ternaire continu ne pose pas de problème de quantification, car il se définit par une troisième terme qui englobe les deux pôles extrêmes. Il semble concerner principalement le système de repérage spatio-temporel et comporte trois visions fondamentales : vision prospective (avant, à, dessous, devant, jusqu’à), vision rétrospective (après, de, dessus, derrière, depuis) et vision coïncidente (à la fois avant et après (pendant, en,), devant et derrière (entre, dans), au-dessous et au-dessus (sur).

Le modèle ternaire discontinu dans lequel le troisième est différent des deux autres ne comporte pas non plus de quantification : « ici », « là », « ailleurs »; « temporel », « spatial », « notionnel »,etc.

Le modèle cyclique par définition continu est dérivé par itération du modèle binaire continu :

Ll4 10 écriture2

Ll4 10 écriture3

Dans cette variante à polarisation à une période, répétable, il devient nécessaire d’indiquer une orientation :

Rapetisser : TAILLE, intensité : 0,5, orientation : négative

Grandir : TAILLE, intensité : 0,5, orientation : positive

Être grand : TAILLE, intensité : 1, orientation : neutre

Être petit : TAILLE, intensité : 0, orientation : neutre

Ll4 10 écriture4

Interdit : DEVOIR, intensité : 0, orientation : neutre

Toléré : DEVOIR, intensité : 0,1, orientation : positive

Autorisé : DEVOIR, intensité : 0,3, orientation : positive

Libre : DEVOIR, intensité : 0,5, orientation : positive

Conseillé : DEVOIR, intensité : 0,6, orientation : positive

Recommandé : DEVOIR, intensité : 0,9, orientation : positive

Obligatoire : DEVOIR, intensité : 1, orientation : neutre

Facultatif : DEVOIR, intensité : 0,6, orientation : négative

Permis : DEVOIR, intensité : 0,5, orientation : négative

Déconseillé : DEVOIR, intensité : 0,3, orientation : négative

Interdit : DEVOIR, intensité : 0, orientation : neutre

Ll4 10 écriture5

Dans le modèle cyclique à polarisation ordonnée (sans retour au même), dont la réalité offre une très grande variété d’exemple, il convient d’introduire un troisième paramètre : la phase dont le nombre est limité à 2.

Ignorer : SAVOIR, intensité : 0, orientation : neutre, phase : neutre

Apprendre : SAVOIR, intensité : 0,5, orientation : positive, phase : 1

Savoir : SAVOIR, intensité : 1, orientation : neutre, phase : neutre

Oublier : SAVOIR, intensité : 0,5, orientation : négative, phase : 2

Se souvenir, réapprendre : SAVOIR, intensité : 0,5, orientation : positive, phase : 2

- les noèmes n’ont pas à être identifiés, car ils ne se situent pas au niveau linguistique, mais métalinguistique.

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