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Appels à communication ou projet 2020

Les relations Afrique-France-Afrique et les champs disciplinaires des lettres, des langues et des sciences humaines et sociales (journées d'études internationales - 24-25 mars 2020)

Last Updated: 2 Dec 2019

Journées d’étude internationales

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LES RELATIONS AFRIQUE-FRANCE-AFRIQUE ET LES CHAMPS DISCIPLINAIRES DES LETTRES, DES LANGUES ET DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

24-25 mars 2020
Maison de la Recherche, Université Bordeaux Montaigne
Campus de Pessac (France) Première circulaire

Appel à communications

Argumentaire

Partons d’un postulat de base : les relations entretenues entre la France et l’Afrique (francophone), ou si l’on préfère entre l’Afrique et la France, dévoilent une dialectique d’attractions et de répulsions. Le terme « Françafrique », lancé par l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, est devenu une expression qui désigne de manière péjorative le maintien du pré-carré français dans ses anciennes colonies. Ce système est généralement dénoncé par les militants de la cause anti-impérialiste française et afro-diasporique. À cela s’ajoute une autre réalité : le système colonial français d’avant les luttes d’indépendance a changé de forme et n’est plus aussi puissant. Au sens strict du mot, il n’en est plus un. Toutefois, si l’influence de la France n’est plus à inscrire dans une vision impérialiste, visant une colonisation de peuplement et de remodelage civilisationnel via la fameuse « assimilation », elle s’appuie de manière fébrile sur des accords de partenariat économiques (APE), des ajustements structurels et sur des survivances linguistico-culturelles (la francophonie) ou économiques (le Franc CFA). Par ailleurs, de nombreuses populations issues du continent africain (principalement des
« anciennes colonies françaises ») ont été appelées, dans les années 70 du XXe siècle, à participer au
« dumping social » voulu par le gouvernement français que l’on associe souvent à un « colonialisme délocalisé ».

Cette recomposition des relations entre la France et l’Afrique induit une nouvelle symbolique et de nouvelles représentations sociales, que les champs disciplinaires des lettres et sciences humaines, notamment africaines, investissent à leur manière. Les présentes journées d’études se proposent, dans un premier temps, de revenir sur la genèse et l’évolution des humanités francophones d’Afrique depuis les années soixante jusqu’à aujourd’hui afin d’observer comment l’Afrique francophone se représente non seulement elle-même mais également l’autre (à savoir la France) à travers les champs disciplinaires des lettres et des langues et, plus largement, des sciences humaines et sociales.
Afin de voir ce qui se passe de l’autre côté du miroir, les débats se concentreront dans un deuxième
temps sur la population afro-diasporique, à savoir celle qui est née et/ou qui a grandi en France, connaissant très peu, voire nullement, l’Afrique. Il s’agit d’une diaspora dont les enfants sont majoritairement issus d’une immigration de travail qui s’est accompagnée du regroupement familial, de l’extension du droit du sol et de la création de générations de « français de papiers » qui se sont tournées, par sentiment de rejet, vers du militantisme « indigéniste » (le Parti des Indigènes de la République), vers du communautarisme influencé par le schéma des luttes afro-américaines (afrocentrisme et séparatisme noir) ou wahhabite lorsqu’il s’agit des populations d’origine maghrébine de confession musulmane. Une nouvelle vision du monde, pour ne pas dire de nouvelles Humanités, se crée au sein de la population afro-diasporique dont l’objet consiste à rejeter via des discours véhéments toute relation à une francité systématiquement associée à la blanchité (nommée « suprématie blanche ») tout en ayant des réticences à la re-migration, à la confrontation temporaire ou définitive à un continent africain dont cette population ne maitrise pas ou plus les codes, la complexité culturelle (et notamment ethno-tribale) et les enjeux politiques profonds. Voilà le creuset dans lequel s’inscrit le présent projet de rencontres internationales ouvertes à tout public. Ces rencontres de deux jours se proposent de prendre la forme de Journées d’Etude internationales.

Ces deux journées d’étude s’inscrivent dans la droite ligne d’une série de conférences publiques qui seront animées dans quatre villes de France (Lyon, Paris, Strasbourg, Bordeaux) pour évoquer en différentes parties les ressorts de ces relations entre la France et l’Afrique francophone. Le point de chute est Bordeaux où se tiennent ces journées autour de cinq axes thématiques principaux :

- Les humanités francophones hier, aujourd’hui et demain vues au travers des relations Afrique- France-Afrique ;
- La (F/f)rancophonie dans les relations Afrique-France-Afrique ;
- Systèmes éducatifs en Afrique, de l’école primaire à l’Université : quelle(s) autonomie(s) vis-à-
vis de la France ?
- Les arts cinématographies dans les relations France-Afrique : quelles réalités ?
- Politiques sociales et économiques en Afrique francophone.

Modalités pratiques de soumission
Les propositions de communication doivent être rédigées en français uniquement et envoyées aux
adresses suivantes :
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Elles doivent préciser les éléments suivants :
1) Nom et prénoms de l’auteur ; 2) Organisation/Établissement de rattachement/ ; 3) Fonction ou profession ; 4) Une courte biographie de 250 mots (maximum) ; 5) Des informations de contact (adresse courriel et coordonnées postales) ; 6) L’axe thématique choisi et le résumé de communication (2000 à
3000 signes, espaces compris, notes et bibliographie non comprises).

Calendrier des travaux
Date limite de soumission d’une proposition de communication : 18 décembre 2019
Notification d’acception ou de refus des propositions : 31 décembre 2019
Inscriptions : 1er janvier au 30 janvier 2019

Frais d’inscription
Enseignants-chercheurs titulaires : 80 euros
Doctorants, chargés de cours : 50 euros
Les modalités de règlement des frais d’inscriptions seront communiquées ultérieurement

Logistique, inscriptions et informations pratiques
Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge de chaque participant inscrit. Le déjeuner
du 25 mars, les pause-café et un cocktail seront offerts aux participants inscrits. Une liste d’hôtels recommandés (négociés) sera communiquée lors de l’inscription.

Publication des Actes
Il est prévu de publier les Actes des Journées d’étude dans une revue ou collection scientifique
francophone relevant du ou des domaines de recherche concernés.

Comité scientifique (liste provisoire)
- AFELI Kossi Antoine, Université de Lomé, Togo
- AGBEFLE Koffi, ACAREF/DELLA Bureau Afrique, Togo
- AGRESTI Giovanni, Université Bordeaux Montaigne, France
- BARRY Alpha, Université Bordeaux Montaigne, France
- CAUSA Mariella, Université Bordeaux Montaigne, France
- DAO Yao, Université de Lyon 2, France
- DEVRIESERE Viviane, Isfec Aquitaine, Bordeaux France
- ELHADJI YAWALE MAMAN, Université de Zinder, Niger
- FLOQUET Oreste, Università « La Sapienza », Rome, Italie
- FRATH Pierre, Université de Reims, France
- HIEN Amélie, Université Laurentienne, Canada
- LEMAIRE Eva, Université d’Alberta, Canada
- LEZOU KOFFI Aimée-Danielle, UFHB, Abidjan, Côte d’Ivoire
- MAURER Bruno, Université de Lausanne, Suisse
- NAPON Abou, Université de Ouagadougou 1, Burkina Faso
- PUOLATO Daniela, Université de Naples Federico II, Italie
- SANDS Sarah, Université de Strasbourg, France
- SCHIAVONE Cristina, Université de Macerata, Italie
- TCHEHOUALI Destiny, Montréal, Canada
- TREMBLAY Christian, OEP France
- YENNAH Robert, Legon University, Ghana
- ZOUOGBO Jean-Philippe, Université Paris-Diderot, France

Comité organisateur
Koffi Ganyo AGBEFLE (ACAREF DELLA Bureau Afrique/POCLANDE), Giovanni AGRESTI (U. Bordeaux Montaigne/POCLANDE), Dany COLIN (Cinéaste indépendant, Lyon France), Jean-Philippe ZOUOGBO (U. Paris/ POCLANDE), Pierre FRATH (U. Reims/OEP), Christian TREMBALY (OEP France/POCLANDE), Aimée Danielle LEZOU KOFFI (U. Cocody, Côte d’Ivoire/POCLANDE), Koia Jean Martial KOUAME (U. Cocody, Côte d’Ivoire), Kossi Antoine AFELI (UL, Togo), Akimou TCHAGANOU (UL, Togo), ELHADJI YAWALE MAMAN (Zinder, Niger), Constant Yelian AGUESSY (Parakou, Bénin).

Initiateurs
Koffi Ganyo AGBEFLE (ACAREF DELLA Bureau Afrique/POCLANDE) et Dany COLIN (Cinéaste indépendant,
Lyon France).