Logo de l'OEP
Logo de l'OEP

"Le multilinguisme dans les milieux professionnels - Observation des pratiques et interventions sur le terrain (Università di Verona - 25-26 novembre 2021 - Appel à communications fr, en, it)


Last Updated: 23 Apr 2021

Università di Verona
Dipartimento di Lingue e Letterature Straniere
25-26 novembre 2021
 Appel à communications

Télécharger les versions fr, en et it

Le Département des Langues et Littératures Étrangères de l’Université de Vérone, en collaboration avec le Progetto di Eccellenza : le Digital Humanities applicate alle lingue e letterature straniere (Projet d’Excellence sur les Humanités numériques), organise un colloque international dans le but d’explorer le thème des pratiques multilingues dans les contextes professionnels, ainsi que leurs retombées pour la formation des salariés.

À la suite d’un projet biennal intitulé MultilinVR, qui a analysé les besoins linguistiques des entreprises de la région de Vérone et a mis en place une formation spécialisée pour les salariés,
nous souhaitons lancer une réflexion plus globale sur le multilinguisme dans les milieux professionnels et ouvrir de nouvelles pistes de recherche.

Pour commencer, il importe de constater que la mondialisation, l’immigration, le mode de vie transnational, l’accroissement de la mobilité (y compris professionnelle) jouent un rôle décisif
dans l’appréhension du multilinguisme. Ce dernier revêt plusieurs formes (individuelle, sociale, étatique) et fait appel à des acteurs différents (institutions supranationales, organismes internationaux, contextes éducatifs). Dans ce sens, le multilinguisme est un sujet d’intérêt public – les dernières Assises de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme (OEP)1
 ont bien mis l’accent sur le fait que les compétences plurilingues sont un atout indispensable dans le monde actuel. Par conséquent, son exploration – voire sa préservation et sa promotion – constitue autant un enjeu majeur de nos sociétés qu’un défi et une opportunité. Le sujet du multilinguisme est crucial à un moment historique où le Brexit (Kelly 2018), outre qu’interroger l’Europe d’un point de vue de l’équilibre entre les langues, pourrait susciter un nouveau questionnement sur l’anglais et son rôle de lingua franca (Tietze 2004) dans les institutions et lors des échanges commerciaux.  
1
Ce colloque vise à susciter une réflexion sur la portée du multilinguisme et sur son impact, notamment dans les milieux professionnels – contextes parmi les plus affectés par l'étendue et les modulations du phénomène. 

Il est désormais incontestable qu’une gestion appropriée des langues au travail se répercute sur la compétitivité des entreprises (Grin 2010 ; Zorzi et al. 2012 ; Truchot 2015 ; Gerolimich &
Vecchiato 2016 ; Brivio 2018) : l’avantage compétitif représenté par les compétences plurilingues est bien connu (Carrère et al. 2016 ; Hogan-Brun 2017 ; Gazzola 2017 ; Gazzola & Mazzacani 2017). De nombreuses études ont démontré en effet qu’il existe un lien manifeste entre compétences linguistiques des salariés et succès des activités d’exportation (PIMLICO Project 2011). La recherche anglo-saxonne (Angouri 2013 ; Feely & Harzing 2003 ; Ginsburgh & Weber 2011 ; Welch 2005), de son côté, s’est intéressée au multilinguisme envisagé comme outil stratégique de management, dans une perspective essentiellement pragmatique. D’autre part, en Scandinavie, plusieurs études ont mis l’accent sur les dynamiques de pouvoir liées au multilinguisme (Andersen & Rasmussen 2004 ; Fredriksson et al. 2006 ; Lønsmann & Mortensen 2018). Il ne faut pas sous-estimer non plus l’importance de l’affect pour les négociations commerciales (Allred et al. 1997) et les résonances émotionnelles que peut susciter l’emploi de la langue de l’autre (Bordia & Bordia 2015). Ce qui nous amène, d’une part, à nous interroger sur les stratégies adoptées afin de favoriser une communication multilingue (recours à des traducteurs/interprètes (Clouet 2019), adaptation des sites web (Mattioda 2015), recrutement de locuteurs natifs et/ou de personnel doté de compétences linguistiques, promotion de formations linguistiques) ; d’autre part, à mieux définir et observer en quoi consiste une véritable gestion stratégique de la question linguistique de la part des entreprises.

Parallèlement, il est tout aussi évident que les entreprises qui révèlent un déficit de compétences linguistiques sont vouées à perdre de nombreuses opportunités commerciales, comme l’ont bien montré l’étude ELAN (2006) et d’autres recherches au niveau des institutions européennes (Lüdi 2012 ; Berthoud et al. 2013) et au sein de pays multilingues, tels la Suisse (Grin 2010 ; Lüdi et al. 2016). À cela il faut ajouter que, même lors du recrutement, les entreprises définissent souvent mal leurs exigences et besoins langagiers. Quels sont, alors, les obstacles qui empêchent les entreprises d’adopter une politique linguistique explicitement orientée vers la mise en valeur du multilinguisme de la part des entreprises ? Pourquoi, dans de nombreux contextes, on se borne  encore à un “bricolage” de fond (Lavric 2012), où l’initiative des seuls salariés essaie de combler des manques structuraux ? Qu’est-ce qui empêche la valorisation et la reconnaissance de la compétence plurilingue et pluriculturelle des salariés d’origine étrangère ? 

Cependant, il n’y a pas que des apports positifs. Car, à côté des enrichissements professionnels, de l’épanouissement personnel (Grin 2015) et des avantages socio-économiques, l’interaction plurilingue (Mondada & Nussbaum 2012) – ou tout simplement l’interaction en langue étrangère – dans le monde du travail peut aussi engendrer des difficultés (Harzing & Feely 2008 ; Yanaprasart 2012) ou creuser les inégalités (Duchêne 2011). Qu’il s’agisse des illusions du globish (Canale et al. 2014 ; Tréguer-Felten 2018), du malaise des salariés (Neeley 2013), de malentendus (Mauranen 2006) ou d’une gestion maladroite des conflits interculturels, il est nécessaire de les recenser et, dans la mesure du possible, de suggérer des propositions pour aider à leur résolution. 

Il s’agira ainsi de réfléchir à l’hétérogénéité linguistique (Chicon et al. 2012 ; Saulière 2014) et culturelle des milieux professionnels (Garzone 2000) et d’envisager des réponses concrètes aux nouveaux besoins de formation (Mourlhon-Dallies 2008), de management interculturel (Dumitriu & Capdevila 2012), de gestion de la communication (Lacoste 2001) et de la coopération telles qu’elles sont expérimentées dans le monde du travail.

 

***

Les propositions pourront porter sur les axes suivants (liste non exhaustive) :

1. Observation des (bonnes) pratiques langagières dans les entreprises et cas de gestion linguistique
2. Valeur économique des langues
3. Besoins terminologiques plurilingues dans la communication d’entreprise
4. Intégration des travailleurs allophones par la prise en compte de leurs compétences plurilingues
5. Gestion des conflits interculturels dans les entreprises multilingues
6. Limites du tout-anglais : études de cas
7. Rôle de la traduction dans les contextes professionnels
8. Enseignement des langues à des fins professionnelles
9. Politiques et recommandations linguistiques européennes concernant le monde du travail

Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante :
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it., avant le 21 juin 2021, en respectant les consignes suivantes :
• format Word ou compatible
• auteur(s) : les propositions seront anonymes ; les coordonnées des auteurs (nom, prénom,
affiliation, adresse électronique) seront précisées dans le corps du message

• longueur : 500 mots environ (bibliographie exclue)
• langue de rédaction : français, anglais, italien
• précision de l’axe dans lequel s’insère la proposition

Chaque proposition fera l’objet d’une évaluation en double aveugle par le comité scientifique.


Calendrier

21 juin 2021 : Date limite de soumission des résumés
9 juillet 2021 : Retour des évaluations
17 septembre : Envoi du programme prévisionnel
1er  octobre 2021 : Envoi du programme définitif
25-26 novembre 2021 : Tenue du colloque. Les modalités (en présence, à distance, hybride) seront communiquées au mois de septembre.
 
Une publication est prévue à la suite du colloque.
 
 
Comité scientifique
Alexandra Albuquerque, Polytechnic Institute of Oporto
Chiara Battisti, Università di Verona
Maria Francesca Bonadonna, Università di Verona
Concetta Cavallini, Università degli Studi di Bari Aldo Moro
Manuel Célio Conceição, Universidade do Algarve - CEL/ELC
Dardo De Vecchi, Kedge Business School, Marseille
Paolo Frassi, Università di Verona
Laurent Gajo, Université de Genève
Michele Gazzola, Ulster University  
John Humbley, Université de Paris
Christine Jacquet-Pfau, Cergy Paris Université
Chiara Molinari, Università degli Studi di Milano
Kris Peeters, Universiteit Antwerpen - CEL/ELC
Paola Puccini, Alma Mater Studiorum - Università di Bologna
Giovanni Tallarico, Università di Verona
Sara Vecchiato, Università degli Studi di Udine
Maria Teresa Zanola, Università Cattolica del Sacro Cuore - CEL/ELC
Silvia Domenica Zollo, Università di Verona


1 https://yvon-francophonie.com/2019/11/02/anglais-entreprise-plurilinguisme/