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Mots, pouvoirs et pandémies (revista Altre Modernità 28 - appel à contributions - 15 nov 2021)


Last Updated: 27 Aug 2021

Appel à contributions

28 – 11/2022   PDF

Mots, pouvoirs et pandémies

sous la direction d’Ana María González Luna, Kim Grego, Giovanna Mapelli et Bettina Mottura

Mots-clés : pandémies ; pouvoir ; mots ; analyse du discours ; narration

L’année 2020 a imposé au monde entier la thématique de la pandémie, en mettant en lumière les nombreuses facettes des mécanismes de réaction. La mobilisation des ressources pour faire face à la menace, à l’incertitude, aux difficultés et à la tragédie a pris toutes les formes de la vie humaine et sociale, en déterminant parfois même la redécouverte d’expériences passées. Les femmes et les hommes, les groupes sociaux et professionnels, les médias, les institutions, tous ont dû faire appel à des outils, à des mémoires, à des savoirs et à des pratiques pour s’adapter et pour protéger les corps et les esprits de la pandémie. Ce numéro de la revue Autres Modernités se propose d’analyser les ressources et les stratégies de résilience ou de résistance aux pandémies qui font du langage le pivot de la réaction et qui font émerger des formes de pouvoir, implicites ou explicites, dans son acception la plus inclusive. Les concepts de discours et de narration – par rapport aux pratiques médicales, aux politiques et aux procédures des institutions nationales et transnationales, ainsi qu’à la production et à la circulation de l’information par les médias, de la gestion informatique de données et de la production culturelle et littéraire, ou encore dans le cadre de la conservation et de la redécouverte de la mémoire historique – acquièrent donc une valeur cruciale.

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Ce numéro de la revue accueillera donc principalement des contributions visant surtout – quoique non exclusivement – l’étude de l’emploi du langage et des mots dans les domaines suivants :

1) La narration littéraire, dans toutes ses déclinaisons, acquiert un sens vital et collectif dans une époque d’angoisses partagées. Le mot qui représente le réel a le pouvoir d’ouvrir des nouvelles perspectives subjectives et sociales sur la pandémie, dans une dimension aussi bien synchronique que diachronique. La littérature en tant qu’élément suscitant de l’empathie, permet de réfléchir sur les notions de trauma et de stigmatisation générées par les pandémies, en tant que nouvelles pistes herméneutiques applicables à la société contemporaine.

2) Dans le domaine de la politique, les pandémies ont modifié les pratiques professionnelles, le rapport entre les institutions et les citoyens et les relations bilatérales et multilatérales entre différents pays. Depuis toujours, la gestion des épidémies a été une source de légitimité pour les institutions qui ont été capables de faire face à l’urgence et de rétablir l’équilibre. Encore aujourd’hui, parmi les techniques adoptées afin de renforcer l’autorité des institutions et gagner la bataille de la prévention, s’imposent l’acquisition de compétences spécifiques et de langages de divulgation, la planification d’un système de communication efficace, ainsi que l’utilisation de technologies informatiques appliquées aux services des citoyens visant à limiter la pandémie.

3) Le domaine des médias représente un point crucial de résistance. Les moyens de communication traditionnels et numériques produisent une circulation d’informations, leur divulgation, leur analyse et ils influencent l’opinion publique nationale et internationale. Comme chacun le sait, le contexte médiatique contemporain assure aux acteurs sociaux des instruments pour engendrer des contenus et pour les diffuser. Ainsi, dans un contexte marqué par la pandémie, aujourd’hui comme autrefois, les médias s’avèrent un terrain où des interprétations et des langages se confrontent, où se dévoilent les mécanismes de pouvoir qui entrent en jeu dans la construction du sens et dans la recontextualisation d’éléments du discours scientifique et politique.

4) La production culturelle est un domaine privilégié de la confrontation entre représentations de la réalité qui essaient de donner un sens à l’expérience personnelle ou collective. Face à des évènements exceptionnels et difficiles à comprendre, ces représentations jouent un rôle crucial pour la réélaboration individuelle et sociale ; elles constituent un espace d’expérimentation symbolique qui propose des re-significations éthiques, politiques et idéologiques des expériences traumatiques et des contextes qui les ont produites.

5) La conservation et la redécouverte de la mémoire historique, dans ses diverses articulations, représentent un riche patrimoine qui inspire les individus dans leur processus de décodage de la réalité et d’élaboration d’instruments critiques reliant les expériences personnelles au discours collectif. Avec la pandémie, on redécouvre des éléments de l’histoire orale et familière, ainsi que des narrations locales et nationales qui renforcent le lien entre les générations et les nations ou qui enflamment les conflits entre les identités.

La liste suggérée ne se veut pas exhaustive : d’autres propositions d’analyse du sujet, par tous/toutes ceux/celles qui souhaitent soumettre leur contribution, seront également prises en considération par le Comité Scientifique afin d’élargir, avec des parcours le plus articulés et le plus inédits possibles, l’exploration entamée dans ce numéro de la Revue.

À ce propos, la Rédaction propose l’envoi des propositions de contribution au plus tard le 15 octobre 2021. Les propositions seront à envoyer à l’adresse This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it., accompagnées par un résumé synthétique (200 mots maximum) du sujet que l’on entend analyser et d’un bref CV de l’auteur.

La Rédaction s’engage à confirmer aux auteurs l’acceptation ou le refus des propositions de contributions au plus tard le 15 novembre 2021.

La version définitive des contributions doit être livrée le 14 février 2022 au plus tard.

Pour en savoir plus