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Institutions européennes et internationales

La langue française en perte de vitesse dans les institutions européennes

Last Updated: 27 Sep 2019

France culture, ar Angélique Bouin

Photo : Cabine de traduction pour la langue anglaise dans l'hémicycle du Parlement Européen de Strasbourg. 17 septembre 2019• Crédits : Alexandre Marchi / L'Est Républicain - Maxppp
A l'heure du Brexit, un collectif de fonctionnaires européens fait circuler une pétition pour que le français retrouve son statut. "Nous voulons avoir le droit de travailler en français !" écrivent ses auteurs, qui interpellent la future patronne de la Commission, Ursula Von Der Layen.

Ce 26 septembre, comme chaque année depuis 2001 à l'initiative du Conseil de l'Europe, est célébrée la Journée européenne des langues. En pleine ébullition autour du Brexit et alors que des fonctionnaires européens demandent à la future patronne de la Commission, Ursula Von Der Layen, le droit de travailler en français. De toutes nationalités, ils affirment notamment avoir "constaté que le monolinguisme anglais nous bride dans nos moyens d'expression et nous souhaitons pouvoir utiliser le français sans nous cacher et sans nous excuser".

"Nous ne produisons plus aucun document de travail en français"

Il y a vingt ans, 40% des textes produits par la Commission européenne l’étaient en français contre moins de 3% aujourd’hui. Avec l’allemand, qui a quasiment disparu des radars, le français est pourtant l’une des trois langues de travail officielle dans les institutions.

Le tournant a eu lieu lors de "l’arrivée des pays d’Europe de l’Est avec des fonctionnaires qui ne maîtrisent pas ou peu le français et dont la langue de communication est l’anglais" témoigne de façon anonyme un fonctionnaire de la Commission. 

Sa collègue confirme : "Nous ne produisons plus aucun document de travail en français, et la dernière note juridique traduite sur laquelle j’ai travaillée récemment date de 2015 !" Les réunions se font également en anglais : "Parfois, nous pourrions tout à fait parler en français, ajoute-t-elle, mais tout le travail préparatoire à l’écrit a été fait en anglais, cela nécessiterait de se replonger dans des termes parfois techniques dans notre langue maternelle ! "

"Il y a comme un mur culturel"

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