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Institutions européennes et internationales

Réflexions sur le multilinguisme au sein des institutions européennes (Toute l'Europe - 13 novembre 2020)


Last Updated: 15 Nov 2020

Le 16 septembre 2020, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté sa vision pour l’Europe à venir. Elle a également dévoilé les actions sur lesquelles la Commission européenne compte se concentrer, notamment protéger les conditions de vie et les moyens de subsistance, la santé des citoyens et la stabilité de l’économie, renforcer les éléments constitutifs du Pacte vert pour l’Europe, conduire la transformation numérique, tirer des leçons de la pandémie et renforcer la résilience des Etats européens et de leurs sociétés.  Ce discours était capital, puisqu’il traduit la direction de l’Union européenne dans les années à venir, et ce que cela peut signifier pour les citoyens européens. La Présidente étant multilingue, elle a prononcé cette allocution en français, en anglais et en allemand. Celle-ci  a ensuite été traduite intégralement dans toutes les langues officielles de l’UE. Enfin, la Commission a également décidé d’adopter une nouvelle approche sur la question migratoire, une des problématiques les moins consensuelles au sein de l’Union. Cette thématique a ensuite été abordée le 23 septembre avec la présentation du nouveau Pacte pour les migrations et l’asile. Des controverses ont suivi cette annonce, mais elles n’ont pas seulement eu pour objet le contenu du Pacte. En effet, le fait que la Présidente s’adresse en anglais à ses homologues suisses, alors qu’elle est germanophone et francophone, a causé un tollé auprès de la section française de l’Association des journalistes européens. Ses représentants lui ont ultérieurement adressé une lettre ouverte pour dénoncer ce choix de l’anglais, tant  pour son communiqué de presse que pour les autres documents liés au Pacte. Selon ces représentants, , l’usage systématique de cette langue, qui n’est qu’une des trois langues de travail des institutions européennes, pénalise les journalistes non anglophones, qui doivent supporter des coûts de traduction et, parfois, interpréter les propos et termes techniques de la Commission, contrairement à la presse anglophone. S’y ajouterait aussi un décalage dans le temps entre la publication initiale en anglais et celle du texte traduit. [1]

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[1] AJE France, “La Commission Von der Leyen néglige le français dans sa communication”, Lettre ouverte, 25 septembre 2020. https://ajefrance.fr/?p=684