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Institutions européennes et internationales

Le prochain président de la Commission Européenne sera polyglotte

Last Updated: 17 Jul 2014

Publié le: 24/04/2014 - 15:52 | Mis à jour le: 09/07/2014 - 09:01

Selon le ministre français des affaires étrangères, la lingua franca de l’UE est l’anglais.

[Shutterstock]

Être capable de parler plusieurs langues constitue un ensemble de compétences important pour tout responsable politique de haut rang. Lorsqu’il s’agit des compétences linguistiques, certains candidats à la présidence de la Commission Européenne possèdent un net avantage. Source : EurActiv France.

Avec 28 états membres de l’UE et 24 langues officielles, la maîtrise de certaines de ces langues constituera un critère important dans la sélection du prochain Président de la Commission Européenne.

Le traité de Lisbonne sera appliqué pour la première fois après les élections en mai. Bien que le traité soit entré en vigueur en décembre 2009, cette année marquera la première application du nouveau processus électoral pour nommer le Président de la Commission Européenne.
Selon le traité, les dirigeants européens doivent « prendre en compte » les résultats des élections européennes avant de nommer un nouveau Président à la Commission, « après des consultations appropriées » avec le Parlement fraichement élu.

Tous anglophones

Même si les candidats n’ont pas les mêmes compétences linguistiques, tous possèdent une bonne maîtrise de l’anglais.

Martin Schulz, le candidat socialiste et actuel Président de la Commission Européenne, parle parfaitement anglais, français et allemand (sa langue maternelle). Il a un bon niveau d’italien, et quelques notions de base d’espagnol et de néerlandais, ce qui fait de lui le candidat qui possède le plus de langues dans son répertoire.

Son principal opposant, Jean-Claude Juncker, candidat au Parti Populaire Européen (PPE), parle couramment français, allemand et luxembourgeois (sa langue maternelle). Il parle également latin, mais cela ne constituera probablement pas un avantage concurrentiel.

Guy Verhofstadt, le candidat à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), est aussi polyglotte. Il parle néerlandais, anglais et français. L’ancien premier ministre belge parle également un peu l’italien et l’allemand.

Les compétences linguistiques peuvent-elles être un facteur déterminant dans le choix du prochain Président de la Commission ? C’est ce que pense Jean-Claude Juncker, et il affirme posséder l’avantage de parler plusieurs langues, mais aussi l’avantage d’une meilleure compréhension de la relation franco-allemande, moteur de l’UE.

« Nous les luxembourgeois, nous les connaissons (français et allemands) mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes » déclara-t-il au quotidien français Libération.

Les deux candidats du Parti vert européen, l’allemande Ska Keller et le français José Bové, ont aussi une bonne maîtrise de l’anglais. Sa connaissance de six langues donne à Ska Keller un avantage concurrentiel sur les autres verts. Elle parle le turc, le finnois, l’allemand, un peu l’espagnol et l’anglais, et a des bases en italien.

Le candidat grec d’extrême gauche est nettement désavantagé. En effet, le manque de connaissances en langues d’Alexis Tsipras sera un obstacle de taille à sa campagne. « C’est une question sensible à laquelle les médias grecs font souvent référence, » déclara un membre administratif du Parti communiste français. Le candidat ne manque pas de charisme, mais peine à s’exprimer en anglais.

Quelle langue de travail ?

Afin de faire des restrictions budgétaires pour la traduction, les langues officielles de travail de la Commission Européenne sont l’allemand, le français et l’anglais. Le futur président devra vraisemblablement s’exprimer dans les trois langues. Ce n’est pas le cas du Parlement Européen, où l’ensemble des 24 langues officielles de l’UE sont réellement considérées « officielles », provoquant un vrai casse-tête pour les services de traduction et d’interprétation.

Selon le Ministre français des Affaires Etrangères, même si la Commission soutient que le français et l’allemand sont les langues officielles de travail, l’anglais est progressivement devenu la lingua franca de l’UE.

« La tendance des dernières années a vu le nombre de textes directement écrits en français se réduire, notamment au sein de la Commission. Bien que le plurilinguisme de l’Union Européenne n’ait pas été menacé, l’élargissement de 2004 a provoqué un changement important dans l’utilisation de certaines langues de travail qui se sont vues privilégiées. »

Les candidats à la présidence de la Commission parlent beaucoup de langues, parce qu’ils s’en servent au quotidien. Jean-Claude Juncker déclara sur EurActiv.fr qu’il regardait des films français et allemands, pendant que le candidat socialiste, Martin Schulz, lit en français, en allemand et en anglais.

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Chronologie

22-25 mai : élections européennes dans 28 états membres de l’UE

 

Traduction: Boutarfa Amina

Article original : http://www.euractiv.com/sections/eu-elections-2014/next-eu-commission-president-will-be-polyglot-301728


 

 

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