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Alain Rey : «Le français est menacé par l'invasion du californisme» (Le Figaro Premium)

Mis à jour : 7 Fév 2017

Par Alice Develey et AFP agence Mis à jour le 25/10/2016 à 12h28 | Publié le 18/10/2016 à 19h04
Le célèbre lexicographe était à la Comédie-Française ce 18 octobre pour présenter la nouvelle édition de son Dictionnaire Historique de la Langue Française. Il est revenu sur les (r)évolutions du français, notamment perturbé par les américanismes.
«Observateur», «humaniste», «rexicographe», «détective du langage»... Les mots ne manquent pas pour tenter de qualifier et présenter le linguiste et historien de la langue française, Alain Rey.
Ce mardi 18 octobre, le rédacteur en chef des publications des éditions Le Robert a fait salle comble à la Comédie Française. Spécialistes du langage, éditeurs et médias sont en effet venus en nombre pour échanger quelques paroles et écouter le grand philologue discourir des évolutions de la langue de Molière au travers de la nouvelle édition de son Dictionnaire Historique de la Langue Française.
Un ouvrage revu et augmenté de 60.000 mots qui, avec plus de 200 pages supplémentaires depuis sa première édition en 1992, redonne une place et un sens essentiels au vocabulaire français, comme à ses emprunts, dont pas mal d'anglicismes qu'Alain Rey se fait un plaisir «d'écrapoutir» (ou écrabouiller pour les non-initiés).
«Le français est menacé de l'intérieur par l'invasion du californisme, version moderne de l'anglicisme!», explique le linguiste devant une assemblée attentive. Au centre de la salle, sous les charpentes du huitième étage de la Comédie Française, Alain Rey, 88 ans, n'a rien perdu de sa fougue. Surtout quand il est question de monter au créneau pour défendre la langue française!
Le «hashtag» vient de l'ancien français «haché»
Le linguiste aux longs cheveux blancs ne manque en effet jamais d'érudition et d'humour pour expliquer pourquoi, selon lui, il est parfois regrettable que le français soit sacrifié en faveur du «californisme» issu de «la vallée du silicium». Pourquoi faudrait-il remplacer le mot dièse par le terme «hashtag?», s'interroge d'ailleurs le lexicographe. Et pourquoi devrions-nous accepter l'anglicisme «burn out» de surcroît, terme qui a été propagé partout pour des raisons économiques?

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