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Langue et traduction - colloques

Prochaine séance du séminaire Multilinguisme, traduction, création le vendredi 16 mars

Mis à jour : 11 Mar 2018

Le séminaire aura lieu le vendredi de 14.30 à 16.30, salle 311, au CNRS, 59/61 rue POUCHET 75017 Paris, 3ème étage (en face de l’ascenseur)

La séance sera consacrée à la genèse plurilingue des œuvres de Raoul Hausmann :

Hélène THIÉRARD
(Université de Paris III)
Raoul Hausmann – la genèse multilingue d'un work in progress

Raoul Hausmann (1886-1971), l’un des principaux acteurs de Dada Berlin entre 1918 et 1920, a expérimenté avec toutes sortes d’expressions artistiques et littéraires : après les années dadaïstes marquées par le collage, le photomontage, la poésie visuelle et sonore, il s’adonne à la photographie et à l’écriture à partir de la fin des années 1920. Hylé, son work in progress autobiographique commence en 1926 et se poursuit jusqu’en 1958, donnant lieu à deux livres expérimentaux : Hylé I couvre les années 1926-1933 de la vie de Hausmann en Allemagne ; Hylé II, qui porte le sous-titre Ein Traumsein in Spanien [État de rêve en Espagne], est consacré à ses années d’exil à Ibiza entre 1933 et 1936.

L’expérimentation multilingue, essentielle dans Hylé II, repose en grande partie sur l’intégration des langues étrangères dans la situation narrative de l’exil espagnol : l’ibizenque, le castillan, le français, dans une moindre mesure le russe et le yiddish se mélangent ainsi à l’allemand au fil des pages. Au-delà, l’étude de la genèse du texte révèle l’importance spécifique du français, qui devient entre 1939 et 1971 la seconde langue d’écriture de Raoul Hausmann. L’autotraduction en français de Hylé II, entreprise dès la fin des années 1930 est abandonnée par la suite, mais ce dédoublement bilingue est réintégré dans la genèse principale où il participe de l’écriture multilingue.

Dans cette séance du séminaire, je présenterai des documents de genèse témoignant de l’entreprise d’autotraduction de Hylé II en français, ainsi que des brouillons multilingues qui n’ont pas été intégrés au texte final. Il s’agira, à partir d’exemples concrets, d’étudier comment le geste traduisant rend propice la création multilingue et d’interroger la frontière entre autotraduction et réécriture de soi. Ayant moi-même traduit Hylé II en français, j’aimerais aussi poser la question du statut de cette autotraduction partielle dans le cadre d’un projet de traduction allographe, et des usages que peut en faire le traducteur.

Ouvrages de référence

  • HAUSMANN Raoul, Hyle : Ein Traumsein in Spanien, avec une postface d’Adelheid KOCH-DIDIER (dir.), Munich, Belleville, 2006 (= Hyle II, édition complète établie à partir du tapuscrit original conservé aux archives du Musée départemental d’Art contemporain de Rochechouart).

  • HAUSMANN Raoul : Hyle. État de rêve en Espagne, traduit de l’allemand par Hélène THIÉRARD, Les presses du réel, Dijon, 2013.

  • KOCH Adelheid, « Je suis l’homme de 5000 paroles et de 10000 formes » : écrits de Raoul Hausmann et documents annexes - Inventaire raisonné, Rochechouart, Musée départemental de Rochechouart, 1997.

Hélène Thiérard est chercheuse en littérature et traductrice. Elle a suivi des études d’allemand et d’anglais (Sorbonne-Paris 4) et a soutenu une thèse en cotutelle sur l’œuvre littéraire tardive du dadaïste Raoul Hausmann, Hylé (2016, Osnabrück/Sorbonne-Paris 3). Ses recherches portent sur les écrivains plurilingues et la traduction, la génétique des textes, les relations intermédiales entre art et littérature, les avant-gardes européennes, les littératures de l’exil et autobiographiques. Elle est membre associée du CEREG (Paris 3), actuellement Postdoc Fellow au Centre Marc Bloch de Berlin et ATER à Paris III.

Pour votre information, en ce moment même il y a à Paris une exposition de photographies de l’artiste
Un regard en mouvement (jusqu’au 20 mai 2018)... >>>>

 

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