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Actualités 2014

Elections européennes - Des cinq candidats à la présidence de la Commission, lesquels sont les plus plurilingues ?


Mis à jour : 8 Mai 2014

Cinq candidats, cinq sites Internet. Un moyen parmi d'autres de découvrir leurs dispositions d'esprit...à l'égard du plurilinguisme.

Jean-Claude Juncker : http://juncker.epp.eu/. Une langue: l'anglais.

 

Franziska Keller : http://www.ska-keller.de/de/; http://www.ska-keller.de/en/. 2 langues : allemand, anglais.

 

Martin Schulz : http://www.martin-schulz.eu/de/. 8 langues : allemand, anglais, bulgare, espagnol, français, italien, polonais, roumain.

 

Alexis Tsipras : http://www.alexistsipras.eu/. 6 langues : allemand, anglais, français, grec, italien, espagnol.

 

Guy Verhoftstadt : http://www.guyverhofstadt.eu/ : Une langue: l'anglais (quelques tweets dans d'autres langues).

 

Aucun n'est un anglophone natif. Ils sont tous individuellement plurilingues, mais leur attitude par rapport à la question linguistique est manifestement très différente. Sans préjuger de leurs positions sur les autres dossiers européens, nous savons, sur ces seuls éléments, que les candidats les plus ouverts à la diversité linguistique et culturelle sont Martin Schulz et Alexis Tsipras. Pour les trois autres, c'est le tout-anglais garanti. A chacun de juger et de faire en sorte que le candidat de ses vœux change sur ce point. A deux semaines du scrutin, le temps presse.

Après le débat en Eurovision du 15 mai, dont l'équipe d'organisation n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre les candidats de s'exprimer uniquement en anglais, nous devons compléter cette première évaluation. Jean-Claude Juncker s'est exprimé dans la langue de Molière, tandis que Martin Schulz et Franziska Keller, comme trop d'allemands à notre goût, ont fait preuve d'une complète inhibition vis-à-vis de leur propre langue, comme si l'usage de l'anglais valait certificat de bonne conduite européenne. Confirmant cette approche, Martin Schulz, quand il est en France, s'exprime en un français qu'il maîtrise à la perfection, mais en dehors de France, il utilise l'anglais, en Italie par exemple. Comme chacun sait, les Italiens parlent tous anglais. Il aurait utilisé sa langue, qu'il n'y aurait eu aucune difficulté pour lui procurer des interprètes de l'allemand vers l'italien. Insistons sur le fait que l'émission étant interprétée, la valeur ajoutée de l'anglais dans tous les cas de figure nulle, voire négative. Quant à Guy Verhostadt, qui en tant que Premier ministre de Belgique, s'était avéré, d'après tous les témoignages, équitables entre francophones et néérlandophones, le recours à l'anglais est-il une manière de garder une distance égale vis-à-vis du français et du néérlandais. En tout état de cause, il use et abuse de l'anglais dans toutes ses interventions publiques au-delà de toute nécessité. Quant à Alexis Tsipras, comme Jean-Claude Juncker, il a tenu bon face aux pressions de l'équipe d'organisation.

Au total, du point de vue du déroulement de l'émission, démonstration est faite que la position de l'UEB qui a tenté d'imposer l'anglais comme langue du débat, n'avait aucune raison d'être dès lors qu'il y avait une interprétation simultanée. La valeur ajoutée du recours à l'anglais a été nulle voire négative.

L'OEP