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Déconstruire l'anglicisation et les anglicismes (I)


Ultima modifica: 14 Lug 2021

Déconstruire l'anglicisation et les anglicismes (I)1

Le terme « déconstruction » déclenche émotions et passions opposant le clan des démolisseurs à celui des conservateurs.

L’activité critique est aussi ancienne que la philosophie. Si l'on veut agir, il faut d'abord comprendre. Faire remonter aux origines de la philosophie la démarche critique, c'est en fait mobiliser la couche la plus récente de l'esprit humain, laquelle est encore très peu enracinée dans les consciences.

Comprendre le monde, découvrir l’envers du décor, dévoiler ce qui se cache derrière les apparences, montrer l’invisible et les invisibles, révéler ce qui bouscule le sens commun, c'est le b.a.-ba de la pensée, c’est quelque part déconstruire. Il faut donc déconstruire pour construire, mais rien n'interdit de déconstruire la déconstruction, c'est même recommandé. Tout travail de déconstruction mérite d’être examiné, critiqué donc déconstruit.

Il n'y a rien de plus trompeur que d'imaginer que le savoir progresse de manière linéaire.

Notre ambition est ici très modeste. Nous voulons amorcer une déconstruction des anglicismes et de l'anglicisation ou plutôt de l'américanisation.

L’américanisation est-elle la source des anglicismes ?

Rapprocher « anglicismes » et « américanisation » n’est pas innocent, car il ne s’agit pas exactement des mêmes phénomènes.

Baudelaire a été un des premiers à fustiger l’« américanisation » de nos modes de vie, mais l’assimilation de l’américanisation au progrès technique n’est ni claire ni légitime. Tocqueville avant lui dans La démocratie en Amérique a collecté des observations sur un modèle de société détachable du sol proprement américain et de ses habitants. La marche vers la démocratie, régime politique qui reste aujourd’hui très minoritaire dans le monde, n'est pas interprétable et n’a pas été interprétée comme une américanisation. Il n’y a d’ailleurs pas de marche vers mais plutôt un moment de l’histoire où, réversible.

Les « anglicismes » relèvent d’une approche très différente, puisqu’ils sont conceptuellement une modalité particulière des emprunts linguistiques et qu’historiquement leur origine est étroitement mêlée aux histoires des langues française et anglaise.

Pour autant, il est impossible aujourd’hui de séparer les anglicismes d’un contexte historique marqué par la manifestation multiforme d’une domination globale exercée sur nos sociétés par un État surpuissant et par l’« emprise culturelle » qui en résulte.2

On peut s’en offusquer ou trouver cela merveilleux. Notre objet n’est pas celui-là. Il est de démêler les substrats de comportement et de faire apparaître les vrais rapports de puissance qui sont à l’œuvre. Bref nous allons écarter l’émotion, qu’elle soit du côté de la convulsion identitaire ou de la soumission éthérée, au bénéfice d’une analyse lucide assortie d’une combativité existentielle.

Disons tout de suite que la linguistique ne nous est pas d’un grand secours.

La matière est surabondante mais l’interprétation aseptisée qu’il en ressort est que les anglicismes sont la manifestation d’un phénomène naturel et universel qui est l’emprunt entre les langues en contact. Ce dont on se félicite généralement, car les emprunts sont vus historiquement comme des enrichissements, ce qui est vrai la plupart du temps.

Notre propos sera plutôt de faire apparaître ce qui dans l'anglicisation telle que nous la vivons aujourd’hui ne confirme pas cette vision idéale voire idyllique des échanges interlinguistiques. Ce que l’on appelle emprunt est-il enrichissement, l’évolution linguistique est-il toujours simple adaptation au monde qui va.

La doctrine libérale postule que tous les agents économiques, employeurs et salariés, vendeurs et acheteurs, etc., sont a priori égaux, et que dans l’échange tout le monde gagne. La réalité est évidemment inverse. C'est quand il y a égalité relative entre les acteurs que la loi peut être la même, sinon c'est à la loi de compenser l’inégalité du rapport économique. Bien sûr chaque domaine d’activité a sa spécificité et le domaine culturel ne se gère pas de la même manière que les fruits et légumes.

La législation française sur le cinéma et l'audiovisuel, toutes les législations européennes ou asiatiques qui s'en sont inspirées et les politiques européennes qui s'appuie sur la convention internationale sur la diversité des expressions culturelles, adoptée en 2005 sous l’égide de l'Unesco, n'ont eu d'autre finalité que de compenser un rapport inégal entre les industries culturelles américaines et les autres. L’intervention est ici la condition d’une concurrence équitable et de la créativité.

Le domaine linguistique n’échappe pas à cette situation générale qui veut que l’inégalité effective soit la règle générale et l’égalité effective l’exception.

Il est essentiel de s’entendre sur les termes, sur ceux qui nous sont indispensables.

Il y a d’abord la notion de puissance.

C’est un mot qui fait peur. Pourtant la vie n’existerait pas sans la puissance.

Aux versets 6 à 8 du chapitre 2 des actes des Apôtres du Nouveau Testament, on lit ceci :

6 « Alors que les Apôtres étaient réunis, ils lui demandèrent : « Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rétabliras le royaume pour Israël ? »

7 Il leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

8 Mais vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Nietzsche emploiera le terme de « puissance » dans un contexte philosophique autre, mais le sens n’est pas fondamentalement différent.

Vico pour désigner la source de la pensée et des sentiments parlera d’animus qu’il distingue de l’anima, source de la vie. Pour Bergson, il s’agira d’élan vital.

Reconnaissons qu’à notre niveau, ces différences n’ont guère d’importance, le terme de puissance ayant le grand avantage de son ubiquité et de son ambivalence.

Ainsi une puissance politique et militaire pourra s’opposer à une puissance culturelle ou religieuse.

Prenons l’exemple de l’Empire romain. Il a vaincu la Grèce mais toutes les élites romaines pratiqueront deux langues, le latin et le grec, et la culture grecque de l’Antiquité perdurera pour parvenir jusqu’à nous par la voie de l'Orient arabe.

Nous avons déjà observé que faire découler le rayonnement des langues des seuls rapports de force politique pouvait mener à de lourds contresens. Ainsi le développement de la langue française n’a jamais réellement correspondu territorialement au développement politique de la monarchie française puis de la République française. Quand Guillaume le Conquérant s’empare de la couronne britannique au XIe siècle, ce n’est pas le roi de France, mais un vassal normand agissant pour son propre compte. Et les croisades se dérouleront essentiellement en français sans que le roi de France en soit le seul porte-drapeau. Le territoire du français n’était pas celui du roi de France, de la même manière qu’aujourd’hui l’espace francophone ne correspond pas, car il n’a jamais exactement correspondu avec le territoire de la nation française. Le français en Afrique s'est développé après la fin de la colonisation, mais son impact initial est dû à la colonisation. Ce constat d’évidence, se vérifie aussi, pour l’anglais, l’espagnol, le portugais ou l’arabe, etc.

Les dictons « une langue est un patois qui a réussi » ou une « langue est un patois plus une armée » sont sans grande valeur explicative bien qu’on les ressasse à satiété. S’ils avaient une quelconque valeur argumentative, il suffirait de doter une langue d’une force armée pour garantir son existence.

Ceci étant, le lien entre puissance politique et rayonnement linguistique est globalement vrai, mais ce constat n’est pas suffisant.

Il faut ajouter quelques éléments sémantiques à la notion de puissance.

La notion de puissance est tellement générale que l’on peut l’appliquer à l’arbre qui pousse, à l’orage qui gronde, au champion de tennis qui écrase son adversaire, au chef de guerre qui protège les villageois, etc. Une autre caractéristique est son ambivalence. La puissance est indépendante du bien et du mal.

Avec l’idée de pouvoir s’ajoute à la puissance une dimension sociale. Le pouvoir est l’exercice de la puissance dans les rapports avec l’environnement, à commencer par le pouvoir que l’on exerce sur soi-même, vis-à-vis d'autrui et sur la nature.

Après le pouvoir vient la domination, qui, si l’on accepte de suivre Max Weber, est l’exercice d’un pouvoir légitime, ce qui suppose de savoir ce que l’on met dans le terme « légitime » ou « légitimé ». La question de la légitimité est si vaste que nous ne souhaitons même pas l’aborder. Simplement, nous ne pouvons ignorer qu’elle se pose de manière permanente et qu’il sera impossible de l’ignorer.

L’hyperconcentration des atouts de puissance

Parler de l’hyperpuissance américaine est devenu un lieu commun. Tout est connu, ou presque, mais le cheminement de l’hyperpuissance au sentiment d’une norme de comportement intériorisée par une majorité des populations européennes nécessite d’être décrypté.

Voyons quelques caractéristiques de cette hyperpuissance dont le monopole est contesté par son nouveau rival, la Chine.

Si les données quantitatives, telles que la part dans le produit mondial, ne plaident pas spécialement pour une hyperpuissance à l’avenir assuré, la dynamique de domination est portée par l’hyperconcentration des atouts.

La puissance militaire vient du surarmement américain qui lui-même vient de l’effort de défense en dollars par habitant qui n’a pas son pareil.

La puissance militaire est coordonnée à une puissance financière liée à l’hégémonie du dollar, devenu totale avec la suppression de sa convertibilité avec l’or en 1971. Le dollar est devenu monnaie de réserve représentant 60 % des réserves mondiales et pour l’instant cette propriété de monnaie de réserve, contestée à la marge par la Chine et la Russie, soustrait les États-Unis à l’obligation de faire face à leurs déficits publics et des échanges commerciaux. Tout le système financier, FMI et Banque mondiale, est contrôlé par les États-Unis et la bourse de New York est dominante parmi les marchés financiers.

La domination scientifique est liée à l’effort de recherche que les États-Unis maintiennent à un niveau très élevé. Le monde scientifique étant étroitement corrélé à celui de l’entreprise, la technologie, largement soutenue sur fonds publics et clairement perçue comme moyen de puissance, est portée au meilleur niveau. Cet investissement dans la recherche et dans la technologie est la plus belle manifestation chez les Américains de leur confiance dans l’avenir.

On est assez peu attentif aux aspects institutionnels. Pourtant, malgré la séparation des pouvoirs, présentée par tous les cours de droit constitutionnel comme une particularité du système américain, quand il s’agit d’action extérieure, la concentration ou plus exactement la collusion des pouvoirs est extrême. Les services de renseignements, la justice, la défense et les grandes multinationales américaines agissent de concert pour surveiller, espionner, piéger, poursuivre, condamner, soumettre, dépecer, les entreprises étrangères, notamment européennes qui viennent gêner leurs intérêts. On n’est plus dans le libéralisme de façade mais dans une guerre économique souterraine et sans pitié et sans aucun respect des droits humains où la réalité dépasse la fiction3.

La puissance idéologique, c’est-à-dire la vision du monde que les États-Unis veulent imposer depuis 3/4 de siècle4 et surtout à partir de la chute de l’empire soviétique, a perdu de sa superbe. Ce n’est qu’en Europe qu’elle continue de jouir d’un préjugé favorable qui n’a d’autre explication que l’absence d’inspiration créatrice de l’Europe elle-même.

Cette puissance idéologique s’appuie sur un nationalisme infaillible porté aussi bien par le parti républicain que le parti démocrate où s’épanouit de manière différente le même culte de la puissance de l’Amérique.

Le culte de la puissance, revigoré par l'America first du républicain Donald Trump, que ne renie pas le démocrate Joe Biden, a un pendant culturel : la fermeture à tous les vents extérieurs exprimée par exemple par un taux d'ouvrages étrangers traduits en anglais inférieur à 1 % des titres disponibles chez les éditeurs américains, quand ce taux varie autour 16 à 18 % en Allemagne ou en France.

La puissance médiatique est trop connue pour que l’on s’y attarde. Toutefois, même si cela est connu de toute personne qui fait un effort de documentation, il faut insister sur le fait qu’une puissance médiatique ne s’improvise pas et que la puissance médiatique américaine s’est construite depuis des décennies sur une science très américaine qui est celle des relations publiques. Sans descendre dans les détails, identifier les futures élites d’un pays, les inviter dans des programmes d’accueil, tels que le programme young leaders, ou leur proposer des postes universitaires, c’est constituer et cultiver des réseaux avec de grande chance de succès. Il ne faut pas s’en scandaliser. C’est de l’excellent travail diraient certains. La plupart des dirigeants européens de l’ouest comme de l’est sont passés par là et sont pour la plupart de très bons élèves.

Le dernier maillon et non des moindres est linguistique. Le développement de l’anglais est un élément incontestable du soft power américain. Dès 1951, le développement de l’anglais était un axe stratégique de conquête du monde, dans lequel Américains et Anglais unissaient leurs intérêts.

L’exploitation de tous ces atouts de manière coordonnée et unifiée, que l’on pourrait résumer par l’hyperconcentration des atouts, est certainement la source de la puissance et de la domination actuelle des États-Unis. Car pris isolément ces atouts sont insuffisants. Ainsi si le budget militaire américain tourne autour des 40 % du total des budgets militaires, le PIB est tombé de 27 % en 1950 à 13 % aujourd’hui du PIB mondial, les locuteurs natifs anglophones ne représentent que 6 % de la population mondiale.

C’est la chaîne plus que les maillons qui fait ici la force et si certains maillons peuvent céder, la chaîne peut elle-même se briser. Les Américains en sont pleinement conscients pour qui la confrontation avec la Chine est le défi majeur.

Dans ce jeu, les Européens sont de doux amateurs.

Les comportements de soumission

Essayons de passer en revue les motivations des comportements qui conduisent certains à employer tel mot plutôt que tel autre et pour notre discussion à choisir d’employer un mot anglais de préférence à un mot français, italien, ou allemand.

Personne ne conteste que la langue ne cesse d’évoluer. La langue nous sert à dire le monde et si l’on admet que le monde n’est pas immobile et circonscrit, la langue évolue avec notre perception et notre vision de ce que l’on tient pour la réalité. La langue évolue avec notre regard sur le monde et l’expérience que nous en avons.

Celui qui ignore sa propre langue ira chercher les mots qu’il entend.

On ne peut négliger l’idée simpliste encore très répandue concernant le langage, que celui-ci est un simple outil, déjà trop compliqué, et qu’une langue avec un minimum de mots devrait pouvoir remplacer toutes les autres. Puisque toutes les langues disent la même chose, autant n’en garder qu’une seule, l’anglais évidemment.

Tout le monde ne pense pas comme cela heureusement, mais l’éveil à une conscience linguistique est largement entravé par une culture linguistique extrêmement fruste et défaillante dans la population, qui vient de l’absence de travail proprement linguistique dans l’éducation.

D’autres ressorts sont également à l’œuvre où la question de la domination américaine n’est pas la question principale.

La distinction au sens de Bourdieu est évidemment un aspect de comportement très fort.

Dès lors que la connaissance de l’anglais est souhaitable pour une large partie de la population, faire croire que l’on connaît l’anglais en émaillant tout propos de mots anglais pas toujours à bon escient est bien porté, croit-on, souvent à tort.

Chez les jeunes, de manière massive, le recours à l’anglais est une manière de rentrer dans le clan des initiés. C’est passer pour être intelligent et moderne d’oublier sa propre langue qualifiée par la même occasion de ringarde. Le souci écologique est louable mais l’insensibilité à la diversité linguistique et culturelle, qui est à mettre sur le même plan que la diversité biologique, est une contradiction qui ne fait que ressortir la superficialité des idées.

Il n’y a généralement aucune dimension politique dans ce genre de comportement, sinon une allégeance inconsciente au puissant que l’on dénigre par ailleurs.

Si l’ignorance de sa propre langue, si l’absence de conscience linguistique et la recherche de la distinction sont les premières explications du recours aux anglicismes qui concentrent la majeure partie des emprunts linguistiques des langues européennes, il convient d’évaluer le rôle de la pression médiatique particulièrement développée dans nos sociétés. Il faut dire que dans nos sociétés médiatisées, les acteurs des médias sont les porteurs ou les transmetteurs des savoirs. Et cette constatation renvoie à la question de savoir pour quelle raison les médias vont manifester une préférence pour tel mot au détriment de tel autre.

On pourra par exemple essayer de comprendre pour quelles raisons, à l’occasion de la pandémie de la covid 19, le terme français de « confinement » s’est imposé en France, que « confinamiento » s’est imposé dans le monde hispanique, mais qu’à l’inverse dans le monde anglophone, « confinment » qui existe pourtant en anglais, a été écarté au bénéfice du mot américain « lockdown », et qu’il en a été de même en Allemagne, qui disposait pourtant de Eindämmung, Eingrenzung, Einschließung etc., et en Italie, alors que les Italiens disposaient du mot « confinamento ». L’Accademia della Crusca5 a à ce sujet publié une longue étude, examinant les nombreux prétendants pour conclure que le mieux placé, comme en français et en espagnol, était en fait « confinamento », le plus en phase avec l’idée d’un enfermement pour empêcher ou limiter les contacts avec le monde extérieur.

Le terme « lockdown », né d’un terme portuaire américain a vu son usage étendu au domaine carcéral et était donc un bon prétendant. Mais là où il s’est imposé, la seule explication est qu’il était d’origine américaine et qu’il a bénéficié du support des médias américains que les journalistes du monde entier épluchent chaque jour.

L’Amérique est censée délivrer la norme et l’on ne se pose pas de question. Toute tentative autre est perçue comme une atteinte à l’ordre établi, lequel, sans examen, est américain.

De ce rapide tour d’horizon, notre conclusion provisoire est que ramener les anglicismes et l'anglicisation à un complot pro américain n'est pas très sérieux et dépourvu de toute vertu opératoire. Le jeu américain est connu et l'on ne peut en nier l'existence sans une bonne dose d'aveuglement. Par ailleurs certains milieux sont des soutiens actifs des projets et des entreprises américaines de par le monde. Mais ramener l’américanisation et un de ses aspects les plus voyants, les anglicismes, au poids et à la trahison d’une oligarchie est un peu court. Connaissons-nous les prémices d’un grand remplacement linguistique, tel que l’appréhende Pierre Frath6 dans Anthropologie de l’anglicisation ?

Nous essaierons dans le prochain éditorial de donner quelques pistes pour mieux évaluer d’une part l‘importance du phénomène qui ne peut se résumer au nombre d’anglicismes faisant leur entrée dans les dictionnaires chaque année, et d’autre part de mieux identifier les voies de pénétration que nous proposons d’appeler des puits linguistiques par analogie avec la notion de puits thermiques par lesquels s’engouffre le froid dans les appartements mal protégés. Peut-être en tirerons-nous des possibilités d’action allant au-delà de la déploration.

1Autour du projet de nouveau dictionnaire des anglicismes (https://nda.observatoireplurilinguisme.eu) développé en coopération avec notre partenaire italien https://aaa.italofonia.info/ en attendant une extension du projet avec un partenaire allemand et un partenaire espagnol.

2 Le terme est de François Perroux dans « Indépendance » de la nation – L’indépendance dans l’interdépendance - Pour une modalité forte de l’interdépendance, Aubier, 1992.
3 Voir à ce sujet le bouleversant témoignage de Frédéric Pierucci et Matthieu Aron Le piège américain, L’otage de la plus grande guerre souterraine témoigne, pri xlittéraire Nouveaux droits de l’homme, Jean-Claude Lattès, 2019

4 Lire à ce sujet l’excellent editorial de Michel Feltin-Palas dans l’Express le 29 juin 2021 (https://www.lexpress.fr/culture/les-anglomaniaques-idiots-utiles-de-l-imperialisme-americain_2153848.html)

5 https://libreriamo.it/lingua-italiana/basta-anglicismi-appello-accademia-crusca/

6 https://www.observatoireplurilinguisme.eu/pole-recherche/parutions/177778490-parutions-2019/13386-anthropologie-de-l-anglicisation-pierre-frath