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Langues et travail

Le plurilinguisme d'entreprise en action : l'exemple bruxellois (rapport TIBEM)

Mis à jour : 8 Jan 2008

Les entreprises bruxelloises ont-elles besoin de bilingues et de multilingues ? Les trouvent-elles? Qu’est-ce que cela leur coûte ?

Rapport de recherche "Entreprises bruxelloises et langues étrangères: pratiques et coût d'une main-d'oeuvre ne maîtrisant pas les langues étrangères", réalisé par Mettewie, L., Van Mensel, L. & D. Belang (2006)  pour le Ministère bruxellois de l’Economie et de l’Emploi.

L’étude met notamment en évidence :
•    La nécessité d’une main d’œuvre multilingue pour les entreprises bruxelloises quel que soient leur secteur d’activité ou leur taille,
•    La primauté des compétences linguistiques et communicatives sur les compétences professionnelles pour les fonctions commerciales et administratives.
•    Les entreprises interrogées utilisent au total 22 langues différentes.
•    Le bilinguisme français /néerlandais reste le plus important.
•    Le manque de compétences en langues entraîne pour les entreprises des pertes et des coûts importants. Les petites entreprises sont évidemment très touchées.
•    …

A l’issue de cette étude, les chercheurs formulent plusieurs recommandations qui concernent le politique, les entreprises et l’enseignement.

Les recommandations visent à mieux rencontrer les besoins des entreprises à Bruxelles en matière
de personnel multilingue par des propositions ayant des effets à court terme, mais également à moyen et long terme.

1. Apprentissage et formations en langues

Ces recommandations, basées sur les résultats et constats de la présente étude, valent tant pour la formation initiale (enseignement primaire, secondaire et supérieur), qu'avant l'embauche par les services de placement (VDAB, ORBEM) et qu'après celle-ci (pour et par les entreprises).

  • Promouvoir l'apprentissage de plusieurs langues, prioritairement les deux langues de la région, parallèlement au monde du travail et en amont de celui-ci et ce, dès que possible dans l'enseignement obligatoire traditionnel ou immersif.
  • Promouvoir l'apprentissage de l'allemand.
  • Stimuler l'apprentissage des langues dans les filières qualifiantes.
  • Investir, principalement mais pas exclusivement, dans la formation néerlandais / français auprès d'un public ayant un bas niveau de formation.
  • Stimuler les formations en langues dans les études de techniques spécialisées de haut niveau.
  • Orienter les formations en langues vers les compétences communicatives et culturelles.
  • Augmenter le nombre de stages et d'échanges interrégionaux du type Erasmus Belgica.
  • Ajuster et renforcer les formations en entreprises par un suivi pratique et cyclique ("follow up" ou "feed back") des acquis en situations authentiques.


2. Interface entreprises / responsables politiques

  • Augmenter la visibilité et l'accessibilité (financière et administrative) des formations en angues existantes.
  • Optimaliser l'offre et la pertinence des formations en langues par une étroite collaboration entre les différents intervenants (entreprises/secteurs, politiques, pouvoirs organisateurs, formateurs).
  • Soutenir les PME et les petits indépendants dans les initiatives visant à pallier au manque de multilinguisme.

 3. Autres

  • Généraliser l'utilisation du Cadre européen commun de référence pour les langues et l'Europass, passeport de langues européen, tant dans les offres d'emploi que dans le chef des candidats, en vue d'une meilleure adéquation entre l'offre et la demande en matière de
  • types et niveaux de compétences linguistiques.
  • Inciter de manière proactive à la pratique des différentes langues au sein des entreprises.
  • Optimaliser les initiatives stimulant le développement ou la pratique des langues (formations, tables de conversation, lunch langues, ...) par une politique de proximité dans les zonings, centres commerciaux et administratifs.
  • Prévoir une étude économétrique visant à évaluer non seulement les coûts liés au multilinguisme mais aussi la plus value du multilinguisme, comme capital économique, pour les entreprises bruxelloises et leur personnel.

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