Logo de l'OEP
Logo de l'OEP

Chroniques - humeurs

Langue et pensée uniques au ministère des affaires étrangères français


Last Updated: 16 Mar 2007

Un lectrice nous signale :

"Le ministère des affaires étrangères français vient de publier un arrêté concernant les épreuves d'un concours de catégorie B*. Auparavant les candidats avaient à l'écrit le choix entre 10 langues étrangères dont 5 langues européennes. A l'oral, en épreuve facultative, le nombre de langues européennes était porté à 15 (les 5 antérieures + 10).

A compter de 2007, la langue étrangère unique et obligatoire à l'écrit sera l'anglais.
De plus une note inférieure à 12 à cette épreuve écrite est éliminatoire et n'autorisera pas la correction des deux autres épreuves. Pour les candidats admissibles le second groupe d'épreuves sera également composé d'une épreuve de langue étrangère et de nouveau la langue unique et obligatoire sera l'anglais. Ce n'est que pour l'épreuve facultative orale que les admissibles auront le choix d'une autre langue étrangère : seulement 5 langues européennes autres que l'anglais et 4 autres langues.
Je considère les termes de cet arrêté comme étant particulièrement discriminatoire et peu dans l'esprit du plurilinguisme européen. Il s'agit même d'un recul par rapport aux pratiques antérieures et, par ailleurs, l'accord franco-allemand de coopération culturelle est totalement oublié...
...
Accorder à la langue anglaise une place de choix au sein du Ministère des Affaires étrangères est une bonne intention. Il me semble néanmoins que cette décision ne peut pas être prise au détriment des autres langues européennes. C'est pourquoi les nouvelles dispositions auraient du mettre sur le même plan (épreuves/durée/coefficient) deux langues européennes, l'anglais et une seconde langue laissée au choix du candidat.
 
Dans le cadre de ce concours on est passé du plein choix (choix d'une langue parmi 10 proposées dont 5 langues européennes) à un monolinguisme réducteur.
*Les nouvelles modalités du concours de catégorie B "secrétaire de
chancellerie" font l'objet de l'arrêté du 12 février 2007 - NOR :
MAE0720069A.
Réponse de l'OEP : nous souscrivons sans réserve aux observations de cette lectrice qui sont en parfaite harmonie avec la charte européenne du plurilinguisme.

Dans le même temps que le ministère des affaires étrangères renforce le poids de  l'anglais, l'Organisation internationale de la francophonie sous l'impulsion des gouvernements belge, luxembourgeois et français, multiplie les accords avec les pays européens pour former au français leurs fonctionnaires travaillant notamment avec Bruxelles.

Dans le même temps également, le ministère de l'éducation nationale affiche la volonté de favoriser une offre diversifiée de langues vivantes après 20 ans de concentration exclusive sur l'anglais. Cherchez l'erreur.

Que nos correspondants français n'hésitent pas à demander des explications au ministre des affaires étrangères.

En tant qu'Observatoire, nous souhaitons connaître quelles sont les pratiques dans les différents pays européens : place de l'anglais et place des autres langues dans les concours de recrutement des fonctionnaires travaillant à l'international. Merci de vos réponses précises dont les résultats seront publiés sur le site de l'OEP. Décidément la langue et la pensée uniques étendent leur toile tous les jours sous le costume de la modernité. Aider nous à résister à cette déferlante en signant la Charte européenne du plurilinguisme .