Une nouvelle recherche démontre que la difficulté majeure de la diffusion scientifique est la barrière de la langue

Vendredi, 30 décembre 2016 10:25 Écrit par Informalingua

Près de deux tiers des publications scientifiques dans le monde entier sont aujourd'hui rédigés en anglais, une langue qui est aujourd'hui reconnue universellement comme la langue commune de la science et de l'économie. Pourtant selon certains chercheurs de la prestigieuse Université de Cambridge, le fait qu'au moins un tiers de la littérature scientifique mondiale soit publié dans d'autres langues que l'anglais constitue encore un obstacle important à la diffusion du progrès scientifique. Paradoxalement, le groupe de chercheurs britanniques considère que la solution du problème ne se trouve pas dans l'adoption de notre langue comme langue commune par toutes les institutions de la communauté scientifique internationale, mais dans l'utilisation de plusieurs langues, surtout de celles qui sont les plus utilisées dans les universités.
Les scientifiques de Cambridge recommandent, par exemple, à tous ceux qui souhaitent défendre les contenus de leur travail scientifique, d'écrire des résumés dans différentes langues, de manière à permettre même à ceux qui ne parlent pas l'anglais de pouvoir accéder bien que sommairement aux contenus figurant dans leurs recherches.
« Bien que nous reconnaissions l'importance de l'anglais comme langue commune, ainsi que sa contribution à la science, a déclaré le coordinateur de la recherche, le zoologue Tatsuya Amano, la communauté scientifique ne devrait pas partir du principe que toutes les informations importantes sont publiées en anglais. Les barrières linguistiques continuent d'empêcher la diffusion de la connaissance scientifique à l'échelle mondiale ».
Selon la recherche, les langues les plus diffusées dans la communauté scientifique internationale, après l'anglais, sont classées ainsi : espagnol, portugais, chinois et français.

Pour plus d'informations sur la recherche cliquer ici.

Informalingua

Une grande victoire pour le plurilinguisme à l'université : la décision de la Cour constitutionnelle italienne

La Cour Constitutionnelle italienne a donné raison aux requérants qui s'opposaient à la décision de l'Institut Politecnico di Milano de mettre la totalité des cours en anglais à partir du master.

Les requérants, et l'OEP qui s'est exprimé de nombreuses fois à ce sujet, lors notamment du vote de la loi dite "Loi Fioraso" sur l'enseignement supérieur et la recherche, n'était pas contre l'utilisation de l'anglais comme de toute autre langue étrangère, pour la délivrance de certains enseignements, mais s'opposait absolument à ce que cette pratique, qui marque l'internationalisation des enseignements, reconnue depuis des décennies, s'étende à la totalité d'une formation. Les quelques centaines de formations tout en anglais qui existent aujourd'hui en Italie deviennent de ce fait illégales.

Il en est de même actuellement en France, du fait de la "loi Fioraso" et le problème ne manquera pas de se poser également en Allemagne.
Ces remarques liminaires n'épuisent pas le sujet. Nous y reviendrons. Nous nous contentons pour le moment de reproduire ci-après le communiqué de presse diffusé par l'Accademia della Crusca.

Firenze, Accademia della Crusca, 27 febbraio 2017
La scorsa settimana si è diffusa la notizia della sentenza della Corte Costituzionale (Decisione del 21/02/2017; Sentenza n. 42) a seguito della nota causa sollevata da un gruppo di professori del Politecnico di Milano.
Inspiegabilmente, importanti fonti di stampa hanno diffuso la notizia, presentandola, con grave fraintendimento, come una “vittoria” del Politecnico contro i professori. Tale affermazione è ingiustificata.
Richiamiamo brevemente i fatti. Il Senato accademico del Politecnico di Milano con delibera del 21 maggio 2012 ha ritenuto di poter determinare l’attivazione, a partire dall’anno 2014, dei corsi di laurea magistrale e di dottorato di ricerca esclusivamente in lingua inglese. Alcuni docenti dell’ateneo milanese hanno proposto ricorso al Tribunale amministrativo regionale per la Lombardia, ottenendo l’annullamento del predetto provvedimento amministrativo (sentenza 23 maggio 2013, n.1348). Contro la decisione del TAR della Lombardia, hanno proposto appello al Consiglio di Stato il Politecnico di Milano e il MIUR. Il Consiglio di Stato ha espresso il dubbio sulla legittimità costituzionale della disposizione di legge, e si è rivolto alla Corte Costituzionale.
È vero che la Corte costituzionale ha respinto questi dubbi di costituzionalità, ma solo perché la disposizione della legge Gelmini sulla internalizzazione delle nostre università non avrebbe comunque potuto legittimare una decisione come quella assunta dal Politecnico di Milano: cioè di offrire interi corsi di laurea esclusivamente in una lingua diversa dall’italiano. Sarà bene tener conto delle importanti argomentazioni della Corte, e vale la pena richiamarne qui alcune, che l’Accademia della Crusca ritiene di grande significato.
Scrive la Corte che la lingua italiana, nella sua ufficialità, e quindi primazia, è vettore della cultura e della tradizione immanenti nella comunità nazionale, tutelate anche dall’art. 9 della Costituzione. La progressiva integrazione sovranazionale degli ordinamenti e l’erosione dei confini nazionali determinati dalla globalizzazione possono insidiare tale funzione della lingua italiana, ma tali fenomeni non devono costringere quest’ultima in una posizione di marginalità: al contrario, il primato della lingua italiana non solo è costituzionalmente indefettibile, ma diventa ancor più decisivo per la perdurante trasmissione del patrimonio storico e dell’identità della Repubblica, oltre che garanzia di salvaguardia e di valorizzazione dell’italiano come bene culturale in sé.
La Corte prosegue affermando che la “centralità costituzionalmente necessaria della lingua italiana si coglie particolarmente nella scuola e nelle università”. L’obiettivo dell’internazionalizzazione – questo il parere della Corte – “deve essere soddisfatto [...] senza pregiudicare i principî costituzionali del primato della lingua italiana, della parità nell’accesso all’istruzione universitaria e della libertà d’insegnamento”. “Ove si interpretasse la disposizione oggetto del presente giudizio nel senso che agli atenei sia consentito predisporre una generale offerta formativa che contempli intieri corsi di studio impartiti esclusivamente in una lingua diversa dall’italiano, anche in settori nei quali l’oggetto stesso dell’insegnamento lo richieda, si determinerebbe, senz’altro, un illegittimo sacrificio di tali principî. L’esclusività della lingua straniera, infatti, innanzitutto estrometterebbe integralmente e indiscriminatamente la lingua ufficiale della Repubblica dall’insegnamento universitario di intieri rami del sapere. Le legittime finalità dell’internazionalizzazione non possono ridurre la lingua italiana, all’interno dell’università italiana, a una posizione marginale e subordinata, obliterando quella funzione, che le è propria, di vettore della storia e dell’identità della comunità nazionale, nonché il suo essere, di per sé, patrimonio culturale da preservare e valorizzare”.

Ufficio Stampa: 055-454277 / 055-454278 / 392-3478421
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La sentenza della Corte Costituzionale ha riconosciuto appieno il primato e il valore della lingua italiana

Pour en savoir plus

L'OEP

La décision du Conseil d’État concernant l'ENA : semi-défaite, semi-victoire ?

Il est courant dans la vie politique de crier victoire quand on vient de subir une cuisante défaite. Nous ne suivrons pas ces mauvais exemples. Nous avons formé un recours avec onze associations partenaires contre un arrêté ministériel restreignant à une seule langue, l'anglais, les épreuves de langue pour l'admission au concours d'accès à l'Ecole nationale d'administration. Nous n'avons pas gagné ce recours, mais nous trouvons dans la décision du Conseil d’État plusieurs motifs de satisfaction qu'il convient d'expliquer.

Nous avions invoqué l'article L-121-3-I du code de l'éducation selon lequel « La maîtrise de la langue française et la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l'enseignement » et nous avions considéré que la restriction de l'épreuve de langue au concours d'entrée à l'ENA au seul anglais était contradictoire avec le code de l'éducation. Nous estimions, apparemment à tort, que le choix du type d'épreuve de langue avait un lien direct avec les contenus des programmes d'enseignement. Or, le Conseil d’État nous répond qu'il n'en est rien et que l'article L-121-3-I du code de l'éducation, « relatif au contenu des programmes d'enseignement, n'est pas applicable en revanche au contenu du programme des épreuves du concours ».

Et le Conseil d’État ajoute que, s'agissant des épreuves du concours, « eu égard à la place de la langue anglaise dans la société actuelle, l'institution, par les dispositions attaquées, de l'anglais comme langue obligatoire pour l'épreuve orale de langue étrangère du concours d'entrée à l’École nationale d'administration n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation ». L'utilisation par le Conseil d’État de l'expression « erreur manifeste d'appréciation » est une formulation classique qui veut dire que sur certains sujets, comme celui présentement de la nature des épreuves d'un concours, il reconnaît à l'administration une certaine marge d'appréciation, et qu'en l'occurrence, l'administration a pu commettre une erreur, mais que cette erreur ne peut être qualifiée d'erreur manifeste.

En réalité, le Conseil d’État ne fait ici que reprendre sa jurisprudence dans un recours intenté par diverses organisations syndicales en 2009 au sujet du concours de l’École nationale de la magistrature. Ce faisant, et nous tenons à le souligner, le Conseil d’État ne répond absolument pas à la question soulevée par l'OEP et partenaires. En effet, ce que nous attaquions, ce n'était pas le caractère obligatoire de l'épreuve d'anglais, mais son caractère unique et l'exclusion d'autres langues. Ce n'était pas la reconnaissance de « la place de la langue anglaise dans la société actuelle », mais la méconnaissance de la place du plurilinguisme, pourtant reconnue par l'article L-121-3-I du code de l'éducation, qu enous mettions en cause. Ce dernier, intégré à la législation française en 2000, était une préfiguration des conclusions du Conseil européen de Barcelone de mars 2002, qui a postulé l'enseignement d'au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge.
Donc, le Conseil d’État ne répondant pas à notre objection, nous ne pouvons considérer être déjugés par le Conseil d’État sur ce point.

Mais il y a dans la décision du Conseil d’État des éléments non apparents qui sont pourtant très positifs à notre point de vue.
Tout d'abord, l'ENA est une école professionnelle relevant bien de l'enseignement supérieur.
En second lieu, l'article L-121-3-I du code de l'éducation s'applique aussi bien au premier degré qu'à l'enseignement supérieur, point non contesté par le ministère, raison pour laquelle ce dernier a défendu que l'ENA n'était pas un établissement d'enseignement supérieur.
En troisième lieu, il faut y revenir, l'article L-121-3-I du code de l'éducation s'applique au contenu des programmes d'enseignement, la question étant de savoir si devant une nouvelle contestation de notre part, non pas sur le contenu des programmes d'épreuves de concours, mais sur le contenu des programmes d'enseignement, le Conseil d’État pourrait à nouveau s'abstenir de juger en utilisant l'argument de « l'erreur manifeste d'appréciation ». La question reste évidemment ouverte. Cependant, il nous faut observer deux points :
- L'article L-121-3-I du code de l'éducation ne dit pas « objectifs de l'enseignement », mais « objectifs fondamentaux de l'enseignement ». Ce point devrait exclure à notre avis le recours à l'erreur manifeste.
- La compétence pour fixer le contenu des programmes d'enseignement ne revient pas au ministère, mais aux établissements eux-mêmes sous le contrôle du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche qui délivre les accréditations. Les décisions des établissements sont donc soumises non seulement à l'article L-121-3-I, mais à la totalité de l'article L-121-3, lequel encadre la possibilité de délivrer des enseignements en une autre langue que le français, limitant cette possibilité au sein d'une même formation à 50 %. Ce point n'est pas contestable, à la lumière du débat parlementaire qui a eu lieu en 2013 et dénué de toute ambigüité à ce sujet.
Donc, de la même manière qu'il est possible de déclarer illégale des formations exclusivement délivrées en une langue étrangère, il est tout-à-fait possible de contester un enseignement supérieur n'offrant que l'anglais comme enseignement de langue étrangère. A la limite, un enseignement pourrait ne comprendre aucune langue étrangère, mais s'il inclut un enseignement de langues, sauf motif spécifique, cet enseignement ne saurait être limité à une seule langue étrangère.

Enfin, il est important de savoir que, si l'on peut regretter cette réforme des épreuves d'admission, qui donne indiscutablement un mauvais signal, elle ne fait pas pour autant de l'ENA une école ayant opté pour le tout-anglais.

Donc, le combat législatif et juridique est loin d'être terminé.
Voilà donc ce qu'il est permis de conclure de la décision du Conseil d’État concernant l'ENA. Certes, nous aurions souhaité que l'arrêté litigieux soit annulé. Mais en même temps nous reconnaissons la rigueur du raisonnement du Conseil d’État qui, au final, nous permet de progresser dans notre combat pour une reconnaissance du plurilinguisme qui ne soit pas purement déclarative mais pratique.