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Non aux universités offshore !


Zuletzt aktualisiert: 9 Mai 2013

Nous avons publié un argumentaire en dix questions que chacun peut utiliser pour écrire à son député, et que tous nos amis en Europe peuvent utiliser dans leur pays moyennant de modestes adaptations. Nous sommes en train de traduire ce texte afin de leur faciliter la tâche.

Car évidemment, l'enjeu dépasse la question de la langue française. Il concerne toutes nos langues et c'est un enjeu culturel, intellectuel et civilisationnel majeur.

On parle beaucoup de publications scientifiques dans la lingua franca, au motif que c'est le seul moyen d'atteindre dans sa globalité la communauté scientifique. Mais on ne fait pas la différence entre publier dans une langue et penser, former les esprits et enseigner dans cette langue. Jusqu'à présent, il était surtout questions de publication et à cet égard, la domination de l'anglais est quasi absolue, dans les sciences de la nature, mais cette domination se propage aux sciences humaines et sociales, toujours au motif qu'il faut être lu par un maximum de gens.

Or, aujourd'hui le phénomène commence à concerner l'enseignement et touche à la pensée elle-même. Cette évolution est logique, car quand on cesse de publier dans une langue, on cesse de nourrir cette langue de nouveaux concepts, et vient un jour où l'on cesse de pouvoir enseigner et de transmettre dans cette langue. La langue qui perd en fonctionnalités, se trouve rapidement marginalisée dans des usages privés, et un jour elle finit par disparaître car elle n'est plus transmise. C'est un appauvrissement colossal et il est illusoire d'imaginer que la pensée scientifique et toute la création culturelle n'en soient pas altérées.

S’il est bien un lieu où il ne faut pas uniformiser les pensées, c’est dans les universités, foyers de bouillonnements intellectuels, où l’innovation est reine. Penser mondialement dans la même langue, c’est tuer l’innovation venant de l’histoire des mots, propres à chaque langue et à chaque culture…